Les habitants de l'immeuble ont constitué un collectif pour dénoncer les lenteurs du dossier. Depuis un an, impossible d'accéder aux appartements.

Incendie Rue Myrha, le 2 septembre 2015
Incendie Rue Myrha, le 2 septembre 2015 © Maxppp / Olivier Arandel

C'était le 2 septembre 2015. Un incendie de poussettes dans la cage d'escalier se propage dans les étages et prend au piège huit habitants du dernier étage. On dénombre deux enfants parmi les victimes.

Très rapidement, la police arrête un SDF de 36 ans. L'homme porte sur lui des bougies et des briquets. Il a des antécédents psychiatriques.

"Besoin de comprendre et de passer à autre chose"

Mais pour les locataires et propriétaires rien ne s'est passé depuis. Il est impossible d'accéder aux logements car le bâtiment est placé sous scellé depuis l'incendie. Tous les effets personnels sont encore dans l'immeuble, quand ils n'ont pas brûlés. Un locataire se souvient encore être sorti de l'immeuble, pieds nus. C'est un pompier qui lui a apporté une paire de chaussures. Ce sera tout ce qu'il aura pu récupérer de son logement.

Le premier défi pour les habitants a été de retrouver un logement. Certains ont été relogés dans des HLM, et d'autres ont pu être aidés par leurs assurances. Ce n'est pas le cas de Delphine, propriétaire de son appartement. Elle a dû quitter Paris :

Quand on a déjà un crédit c'est compliqué de retrouver un logement décent et une agence immobilière qui veuille bien nous louer un appartement. Moi j'ai été obligée d'aller habiter en province.

Aujourd'hui, Delphine et d'autres habitants dénoncent le manque d'information sur l'avancée de l'enquête. Ils n'ont toujours pas eu accès au dossier. Pour faire avancer les choses, les habitants se sont constitués en collectif et ont écrit à la juge d'instruction chargée de l'affaire.

Un après, la situation est invivable pour Delphine, très émue, qui ne demande qu'une chose : pouvoir accéder à son appartement "pour récupérer des effets personnels et que ça avance. Qu'on passe à autre chose. Les familles des victimes ont aussi besoin de comprendre".

Le collectif "4 Rue Myrha" s'est adressé au syndic, à la justice et à la préfecture de police pour demander des informations. Plusieurs membres regrettent également le manque de communication de leur avocat. Selon Jérôme Ségol, l'un des membres du collectif, les habitants ont été abandonnés.

Ce n'est pas normal qu'on n'ait aucune visibilité ni transparence de la part des institutions. On n'a aucune visibilité sur le déroulé à venir. Quand est-ce que les assurances vont pouvoir commencer des procédures d'indemnisations et quand est-ce qu'on va reconstruire cet immeuble pour y habiter ?

Selon les informations de France Inter, la détention de l'homme mis en examen a été prolongée le 26 août dernier, et les enquêteurs attendent toujours des résultats d'expertises.

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