Bernard Cazeneuve annonce l'arrestation d'un suspect dimanche dernier
Bernard Cazeneuve annonce l'arrestation d'un suspect dimanche dernier © Reuters

Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi matin l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir préparé un attentat "imminent" contre "une ou deux églises". Le suspect était sous surveillance mais c'est sa propre maladresse qui a permis de l'interpeller.

Alors que le gouvernement peine à rassurer sur les moyens mis en place par le projet de loi renseignement pour identifier les terroristes potentiels, l'affaire qui vient de se jouer en région parisienne rappelle que la chance joue parfois un rôle non négligeable dans l'efficacité des enquêtes. Un constat un peu inquiétant, et pourtant : selon Bernard Cazeneuve lui-même, c'est une simple intervention du Samu qui a permis d'identifier et de neutraliser la menace .

Un coup de chance qui n'aurait pas dû l'être

Le suspect, un étudiant en informatique algérien de 24 ans, s'est en effet blessé à la jambe, un voisin appelle les secours. Une blessure par balles qui, comme la procédure l'exige, a poussé le Samu à alerter la police. Les enquêteurs ont ensuite découvert, dans le véhicule et au domicile du suspect :

Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l'individu projetait la commission imminente d'un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises . Dimanche matin, cet attentat a été évité.

Le jeune homme était en contact avec une personne qui se trouvait en Syrie, qui lui avait demandé de cibler spécifiquement des églises a révélé le Procureur de Paris, lors d'une point de presse mercredi après-midi.

Le suspect détenait un véritable arsenal

François Molins, procureur de Paris
François Molins, procureur de Paris © MaxPPP/EPA/Yoan Valat

François Molins a précisé que dans la voiture et au domicile du jeune homme, ont été retrouvé notamment quatre fusils kalachnikov, des armes de poing, des chargeurs, des cartouches , des documents en langue arabe évoquant les organisations islamiques Al Qaida et Etats Islamique, des brassards de police, des Talkie-Walkie, des téléphones et des puces, un caméscope, un GPS, des gilets jaune et deux mille euros.

Un coup de chance, donc, pour les services de police... Alors même que l'individu était sous surveillance. Bernard Cazeneuve évoque un jeune homme"signalé comme ayant des vélléités de départ en Syrie" , mais aussi deux "vérifications sur [son] environnement en 2014 et 2015, sans révéler d'élement susceptible de justifier l'ouverture d'une enquête judiciaire". Bernard Cazeneuve précise toutefois qu'une "fiche de sûreté le concernant avait néanmoins été diffusée" .

Suspect du meurtre d'Aurélie Châtelain

Cela n'a pas empêché le jeune homme d'accumuler son arsenal à domicile, ni vraisemblablement de tuer Aurélie Châtelain, 32 ans, retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif, dans le Val-de-Marne. Bernard Cazeneuve explique en effet qu'il est aussi suspect dans cette affaire. La jeune femme avait été tuée de trois balles dans son véhicule, qui avait ensuite été brûlée.

Les enquêteurs ont ensuite fait le rapprochement entre ce meurtre et le suspect blessé, sans doute au moment des faits. L'homme a été arrêté dans le XIIIe arrondissement de Paris et est en garde à vue depuis dimanche à la brigade criminelle de la Direction de la police judiciaire de Paris, et le parquet doit donner une conférence de presse à 16h.

Une affaire rocambolesque que le gouvernement inscrit dans le cadre de la la lutte renforcée de ses services contre le terrorisme et le djihadisme en France. Manuel Valls a ainsi estimé que "notre pays fait face à une menace terroriste sans équivalent dans le passé" Tandis que le ministre de l'Intérieur assure : "Notre vigilance et notre détermination sont totales et constantes ".

L'arrestation de dimanche montre cruellement qu'elles ne suffisent pas toujours.

« C’était les chrétiens, les catholiques de France qui étaient visés »

Manuel Valls
Manuel Valls © REUTERS/Georges Gobet/Pool

Manuel Valls, accompagné du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, s'est rendu mercredi dans deux églises de Villejuif (Val-de-Marne), cibles probables du projet d'attentat, pour y exprimer son soutien à la communauté catholique et affirmer que "les fidèles de la religion catholique doivent pouvoir pratiquer leur culte, aller à la messe en parfaite sérénité".

Vouloir s'en prendre à une église, c'est s'en prendre à un symbole de la France, c'est l'essence même de la France qu'on a sans doute voulu viser. En janvier c'est la liberté d'expression, les forces de l'ordre, les Français juifs qui ont été visés. Cette fois-ci sans doute [...] c'était les chrétiens, les catholiques de France qui étaient visés, pour la première fois, [...] deux églises étaient dans le viseur de cet individu.

Le prémier ministre a précisé que le gouvernement avait pris les mesures nécessaires pour assurer la protection des lieux les plus sensibles, donc maintenant également les églises ou, du moins, certaines d'entre elles.

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