L'affaire tombe mal, dans une semaine où le gouvernement a appelé à un respect encore plus strict des restrictions autour du Covid : un commissaire de police et un vice-procureur ont été contrôlés alors qu'ils déjeunaient dans un restaurant de Carpentras, censé être fermé. Le parquet de Nîmes a été saisi.

Terrasse fermée à Montpellier pendant le couvre-feu (photo d'illustration)
Terrasse fermée à Montpellier pendant le couvre-feu (photo d'illustration) © Maxppp / Guillaume BONNEFONT

C'est Gérald Darmanin qui a révélé cette histoire croustillante, dans la matinale de France Inter, en annonçant avoir demandé la suspension immédiate du commissaire de police en question. "Les Français doivent respecter le couvre-feu, et il y a un devoir d'exemplarité de tous. Lorsque je m'aperçois que des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur ne respectent pas ces règles, notamment en allant dans des restaurants clandestins, je le dis. Ça a été le cas, d'après ce que je comprends, ce week-end, d'un commissaire de police dans le sud de la France. Si jamais c'est vérifié, j'ai demandé au directeur de la police nationale de le suspendre et de le retirer de son poste de commandement."

Mais l'affaire se corse encore un peu plus : d'après nos informations, le commissaire en question ne déjeunait pas seul dans ce restaurant de Carpentras, resté ouvert en toute illégalité. Il était accompagné du vice-procureur de Carpentras, également membre du Conseil Supérieur de la Magistrature. Le commissaire a confirmé sa présence et celle du magistrat à la DDSP (Direction Départementale de la Sécurité Publique).

Il s'agissait du premier poste de commissaire de cet ancien officier (notamment à la brigade de recherche et d'intervention de Strasbourg), nommé patron de la circonscription de Carpentras en 2019. Il a donc été contrôlé ce week-end par ses propres hommes.

"C'est très bénéfique en termes de com de balancer du magistrat"

Selon l'USM, l'Union Syndicale des Magistrats, le vice-procureur n'a pas "déjeuné" au restaurant en question, mais était venu récupérer un repas en "click and collect".

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Selon Céline Parisot, de l'USM, "on a un magistrat qui va chercher une commande dans un restaurant, et immédiatement c'est le déchaînement [...] On peut tout à fait admettre que nos collègues doivent faire preuve d'une vigilance particulière, on est les premiers à demander le respect des règles. Néanmoins, on estime qu'on a aussi le droit de s'expliquer quand on est mis en cause de manière tout à fait injuste." Elle dénonce aussi une manœuvre "très bénéfique en termes de com", consistant à "balancer du magistrat", visant à demi-mot le ministre de l'Intérieur.

Vendredi dernier, le Premier ministre Jean Castex n'avait pas particulièrement insisté sur cette mesure, mais le couvre-feu à 18h est toujours à l'ordre du jour, tout comme la fermeture des restaurants et bars. Il expliquait avoir donné une "consigne de particulière fermeté pour ceux qui fraudent les règles en vigueur".