Les hommes politiques italiens, toutes tendances confondues, accusent la France d'avoir violé leurs frontières, après un contrôle réalisé par des douaniers français sur un migrant dans les locaux d'une association, côté italien.

La gare de Bardonecchia, en Italie, dernière étape avant la frontière française
La gare de Bardonecchia, en Italie, dernière étape avant la frontière française © AFP / Piero Cruciatti

C'est loin d'être nouveau, l'immigration est un sujet particulièrement sensible entre la France et l'Italie, et les différends se multiplient. Dernier épisode en date, cette enquête préliminaire ouverte par le parquet de Turin pour abus de pouvoir. Des douaniers français sont accusés d'avoir pénétré les locaux d'une association pour effectuer un contrôle à Bardonecchia. Le sujet est devenu si sérieux que Gérald Darmanin, ministre chargé des douanes, se rendra à Rome cette semaine.

Ces pratiques sont-elles légales ou non ? Depuis Schengen, cela arrive en tout cas tous les jours dans le Thalys, avec des locaux mis à disposition en Belgique. Même chose en Espagne ou en Suisse. Avec l'Italie, les règles sont les mêmes... sur le papier. Sauf que dès qu'il s'agit de contrôle sur des migrants, tout est beaucoup plus sensible. La police de l'air et des frontières est souvent accusée de faire du zèle.

Côté italien avec armes et gilets pare-balles

En l'espèce, le ressortissant nigérian dans cette affaire allait de la France vers l'Italie. Il n'était pas refoulé, mais suspecté d'être une "mule", autrement dit d'avoir ingéré des sachets de cocaïne. Même si ces derniers sont bien étanches, ils ont tendance à "transpirer", et cela se repère assez bien dans les urines. Du point de vue des douanes, les Nigérians sont les grands spécialistes de ce type de trafic. Ce type de contrôle est prévu dans la loi (à l'article 60bis du code des Douanes sur les fouilles au corps).

Le problème, c'est que les agents sont descendus côté italien, armés, avec leurs gilets pare-balles, pour faire le test dans un local censé être à leur disposition depuis 1990. Un local attribué récemment à une association de protection des migrants. Les douaniers ont insisté, sont allés faire le test dans les toilettes... Et l'association a très mal vécu cet épisode.

Le maire de la ville, déjà très remonté par les mineurs refoulées chaque semaine, ne décolère pas. Les contrôles français côté italien ont donc été suspendus jusqu'à nouvel ordre, en attendant la visite de Gérald Darmanin. Ce dernier assure qu'il ne vient aucunement présenter des "excuses", et que les douaniers "n'ont rien fait d'illégal".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.