Le procureur de Besançon a annoncé la mise en examen d’un magistrat de 55 ans, pour « provocation non suivie d’effets à la commission de crime de nature sexuelle contre des mineurs ». La chancellerie demande sa suspension en urgence. Ce magistrat a été juge pour enfants dans le passé.

Ce magistrat, actuellement premier vice-président au tribunal judiciaire de Dijon, a, par le passé, exercé les fonctions de juge pour enfants.
Ce magistrat, actuellement premier vice-président au tribunal judiciaire de Dijon, a, par le passé, exercé les fonctions de juge pour enfants. © Maxppp / ALEXANDRE MARCHI / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Tout est parti d’une annonce, parue sur un site libertin. Un homme y proposait des relations sexuelles impliquant sa propre fille de 12 ans. L’annonce est signalée à la justice, qui confie l’enquête à l’OCRVP, l’Office central pour la répression des violences aux personnes, basé à Nanterre, compétent pour les affaires de pédocriminalité en ligne. Les enquêteurs remontent la piste, jusqu’à identifier un couple de magistrats dijonnais.

Le couple est placé en garde à vue le 4 juin dernier, leurs bureaux et domiciles sont perquisitionnés. Si l’épouse est rapidement mise hors de cause, l’homme, âgé de 55 ans, reconnaît être l’auteur de cette annonce, mais il affirme qu’il s’agit d’un fantasme et qu’il ne serait pas passé à l’acte, selon les informations données par le parquet de Besançon.

Mis en examen pour « provocation non suivie d’effets à la commission de crime de nature sexuelle contre des mineurs », un délit pour lequel il encourt sept ans de prison, l’homme a été laissé libre et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le procureur de Besançon confirmant une information d’Europe 1. Il n’a pas le droit d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs, mais n’a pas d’interdiction d’entrer en contact avec sa fille.

Ce magistrat a été juge pour enfants

Selon nos informations, ce magistrat du siège est actuellement premier vice-président au tribunal judiciaire de Dijon. Il a, par le passé, exercé les fonctions de juge pour enfants.

Côté disciplinaire, la garde des sceaux a saisi hier le Conseil supérieur de la magistrature, pour demander son interdiction temporaire d’exercice. Le CSM a 15 jours pour se prononcer, mais peut agir beaucoup plus vite.

L’affaire provoque un vif émoi au tribunal de Dijon, l’enquête a d’ailleurs été dépaysée à Besançon. Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, tiendra une conférence de presse à 15H30.

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