Alors que le taux de surpopulation carcérale bat des records, l'ancien sénateur LR Jean-René Lecerf a remis au ministre de la Justice 25 propositions pour la prison de demain.

Les cellules d'une prison inaugurée en 2011 à Réau (à l'est de Paris)
Les cellules d'une prison inaugurée en 2011 à Réau (à l'est de Paris) © AFP / Bertrand Guay / Pool

La situation du milieu carcéral est de plus en plus difficile : alors que la population en prison a atteint au mois de mars des records, avec plus de 69 000 personnes derrière les barreaux, le directeur de l'administration pénitentiaire a annoncé ce week-end sa démission. Sur fond de tensions donc, l'ancien sénateur LR et président du Conseil départemental du Nord Jean-René Lecerf a remis ce mardi au ministre de la Justice les conclusions d'une mission de deux mois sur l'immobilier pénitentiaire - c'est-à-dire les prisons.

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Une cinquantaine de personnalités qualifiées, parlementaires, magistrats et responsables pénitentiaires ont participé à ces travaux dont le résultat est un livre blanc élaboré pour tenter de juguler cette surpopulation carcérale, avec des prisons plus humaines et des activités pour les détenus. Au total, il contient 27 propositions concrètes.

Au moins cinq heures d'activités par jour

Le Livre Blanc suggère de respecter strictement les capacités d'accueil des 33 nouvelles prisons dont la construction a été annoncée : la vie devrait y être organisée autour d'activités en journée, en dehors des cellules, avec des espaces collectifs. Selon les auteurs du rapport, il faudrait contraindre l'administration pénitentiaire à proposer cinq heures d'activités par jour à chaque détenu.

L'idée, c'est que la prison puisse remplir pleinement sa mission de réinsertion, en préparant au mieux la sortie : la commission propose donc de développer dans les maisons d'arrêt des quartiers avec des régimes différenciés selon le profil des détenus. Autre priorité : les quartiers de préparation à la sortie, pour les détenus en fin de peine, où pourrait être expérimenté le principe des prisons ouvertes, sur le modèle scandinave.

Vers un modèle à deux vitesses ?

Mais le risque, selon certains participants aux travaux d'élaboration du Livre Blanc, est de créer des prisons à plusieurs vitesses : établissements modèles d'un côté et bâtiments surpeuplés de l'autre. Autre souci : même si certaines de ces propositions font consensus parmi les professionnels, personne ne sait ce qu'il en adviendra après les élections, chaque candidat ayant un projet différent en termes de politique carcérale.

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