L'homme a été mis en examen et écroué. Il a reconnu avoir mis le feu dans les parties communes de l'immeuble en septembre 2015. Huit personnes sont mortes lors du drame.

Rassemblement devant le 4 rue Myrha, à Paris.
Rassemblement devant le 4 rue Myrha, à Paris. © Maxppp / Francois Lafite/Wostok Press

Un an après l'incendie qui a fait huit morts en septembre 2015, les enquêteurs de la Brigade criminelle ont pu faire avancer le dossier qui semblait au point mort, malgré l'arrestation d'un SDF quelques jours seulement après l'incendie. Mais après un an de détention, l'homme de 37 ans a été libéré d'office ce jeudi.

Car c'est une autre piste qui a permis de faire avancer l'enquête. Les policiers ont arrêté mardi 20 septembre un homme de 20 ans. Il s'agit d'un locataire de l'immeuble situé 4 rue Myrha. Il a été mis en examen pour dégradation volontaire par incendie ayant entraîné la mort et des blessures, puis écroué dans la foulée.

"Voir des pompiers"

Confronté à des éléments de l'enquête, il a reconnu avoir mis le feu à sa boite aux lettres, puis à une poussette, avant de déclarer ne plus se souvenir. L'homme est présenté par une source proche de l'enquête comme quelqu'un de fragile. Lors de sa garde à vue, il aurait confié avoir des problèmes et ressentir le besoin de "voir des pompiers". Le soir du drame, le feu, parti des poussettes rangées dans le hall de l'immeuble, avait gagné la cage d'escalier jusqu'au cinquième et dernier étage où six personnes se retrouvaient prises au piège. Deux autres personnes sont mortes en se défenestrant pour échapper aux flammes.

Le lendemain de l'incendie et après un passage à l'hôpital, le suspect est entendu au 36 Quai des Orfèvre en tant que victime. A la policière qui le reçoit, il se dit "encore choqué". Il raconte comment, dans la nuit du 1er au 2 septembre, il est réveillé vers 4h par une odeur de fumée. Il explique avoir appelé les pompiers, puis, face à la fumée de plus en plus importante, s'être rapproché de la fenêtre. Il assiste à ce moment-là à la chute de deux personnes depuis les étages supérieurs mais lui refuse de sauter car c'est "trop haut".

Il dit s'être laissé descendre jusqu'au premier étage avant d'appeler un passant à l'aide. Un témoignage réaliste qui lui aura permis de ne pas éveiller les soupçons. Mais le travail des enquêteurs semble avoir débouché sur des éléments confondants.

Le 2 septembre dernier, un an jour pour jour après l'incendie, le suspect avait participé à un rassemblement de soutien devant l'immeuble incendié. Il avait même été interrogé par nos confrères du Parisien, auxquels il déclarait : "on se sent abandonnés par les enquêteurs, les juges en charge du dossier".

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