Accusé d'avoir utilisé des farines périmées, un pâtissier français est détenu depuis cinq mois en Chine. Ses proches se mobilisent et tentent d'alerter le gouvernement.

Un pâtissier français, accusé d'avoir utilisé des farines périmées, est en détention en Chine depuis cinq mois.
Un pâtissier français, accusé d'avoir utilisé des farines périmées, est en détention en Chine depuis cinq mois. © AFP / Mint Images

Un pâtissier français est en détention en Chine depuis cinq mois à la suite d’une affaire de farine périmée. Laurent Fortin était parti en décembre 2016 à Shanghai pour travailler dans un centre de production d’un petit groupe français, Farine Bakery, expliquent ses proches sur le site change.org, sur lequel ils ont posté une pétition.

Ce Français de 49 ans avait été interpellé le 23 mars avec sept autres employés du groupe après un contrôle des autorités de régulation locales, ayant mis à jour des stocks de farine jugés "périmés", écrit la presse d’Etat chinoise. Qualifié par le quotidien Shanghai Daily de "responsable de la production", il est inculpé avec trois de ses collègues pour avoir "utilisé ces farines périmées" dans la confection de 3 800 pains.

Le groupe reconnait "une erreur", le patron part à Londres

Farine Bakery avait reconnu en mars, dans un communiqué en mandarin, avoir "de toute évidence commis une erreur", expliquant s'être référé aux "dates limites de consommation optimale" mais "sans réaliser que les normes chinoises étaient plus strictes" en terme d'expiration des produits. Laurent Fortin s'était inquiété des conditions d'hygiène dès son arrivée. Mais son frère David, au micro de Laurent Philippot, a expliqué le patron de Farine Bakery lui avait dit : "Ne t'occupe pas ces problématiques. Fais de la production, on est des rouleaux compresseurs et des start-up. On n'a pas besoin de ces commentaires-là." Le patron et fondateur du groupe, quant à lui, ne se trouvait pas en Chine au moment des interpellations.

Aujourd’hui, ses proches tentent donc d’alerter le gouvernement par le biais d’une pétition adressée au président Emmanuel Macron et au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Dans le texte, réclamant "immédiatement la libération de Laurent ainsi qu’une réelle implication de notre gouvernement", les proches du pâtissier s’étonnent notamment du départ précipité pour Londres du patron de Farine Bakery quelques jours après son audition par les autorités locales. "Moi en tant que chef d'entreprise en France, si un problème devait d'avérer dans mon entreprise, je serais le premier à répondre présent, a commenté David Fortin. Je ne fuirais pas les choses ni ne ferais porter les responsabilités par mes salariés qui n'y sont pour rien." La pétition avait, mercredi, recueilli près de 1 400 signatures.

"Entre un et quinze ans de détention"

David Fortin a par ailleurs affirmé à l’AFP que son frère Laurent était détenu dans des conditions difficiles, ne disposant ni d’un lit ni d’une chaise dans sa cellule au début de sa détention. "Il risque entre un an et quinze ans de détention, selon le chiffre d'affaires réalisé, alors qu'il n'était que le salarié de l'entreprise", a déclaré au quotidien Paris Normandie sa mère Jeannine Fortin, qui a pu échanger des courriers avec le détenu.

Déclenchée par une vidéo tournée par un ex-employé, l'affaire avait causé un vif émoi parmi les internautes chinois, la chaîne de boulangeries vantant précisément la qualité de ses farines pour justifier des prix de vente élevés. Quatre boulangeries gérées par Farine Bakery ont été fermées à la suite du contrôle sanitaire, ces établissements ayant "contrevenu aux réglementations chinoises interdisant d'utiliser des produits au-delà de la date d'expiration", selon le responsable d'une autorité sanitaire cité par le quotidien shanghaïen.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.