Dans un entretien accordé à nos confrères de Loopsider, le jeune garçon raconte comment, pour une tentative de vol de scooter, il a fini à l'hôpital avec une fracture maxillaire étendue à l'œil. Il dit avoir subi des coups de pieds au visage, portés par les policiers. Ces derniers assurent qu'il est simplement tombé.

Capture d'écran de la vidéo publiéele 6 juin 2020 par Loopsider
Capture d'écran de la vidéo publiéele 6 juin 2020 par Loopsider

C'est avec une précision et des détails glaçants que Gabriel, 14 ans, raconte ce qui lui est arrivé. Comme le révélait le Bondy Blog fin mai, l'adolescent et sa famille ont déposé une plainte auprès du parquet de Bobigny et à l'IGPN (qui l'a entendu jeudi) contre les policiers. La veille, il était opéré pour plusieurs fractures au niveau du visage. Des souvenirs douloureux de son arrestation à Bondy, dans la nuit du 25 au 26 mai, qu'il a racontés pour la première fois à un média.

Dans la vidéo de Loopsider, il porte encore les marques au visage. Un large pansement sur la pommette, l’œil gauche encore tuméfié, le jeune garçon raconte péniblement le calvaire qu'il a subi. "C'est dur de revoir les mêmes scènes, ce qu'ils m'ont fait", dit-il d'une voix tremblante dans la vidéo, filmée peu de temps après sa sortie de l'hôpital vendredi.

Dans son témoignage, où il reconnaît "une bêtise" : il explique être sorti dans la soirée avec un ami pour "voler un scooter". En voyant les policiers, il panique et se met à courir : "J'avais peur : ils couraient et m'insultaient". "Après, quand ils m'ont attrapé, je leur ai dit : s'il vous plait, je me rends ! À ce moment-là, ils m'ont tapé", affirme-t-il.

Il est mis à terre, on lui passe les menottes, et c'est là que tout bascule, selon son récit.

"Il y en a un qui a mis ses genoux sur mon dos. Et il y a une femme qui m'a tenu les pieds pendant qu'un policier barbu donnait [des coups de pieds] dans mon visage. Trois ou quatre."

Transféré à l'hôpital

Placé en garde à vue au commissariat de Bobigny, il reste près d'une heure sans soins. "J'ai commencé à vomir, j'avais mal à la tête. J'avais du sang qui coulait au niveau de mon visage." Les policiers acceptent alors de "desserrer un peu" ses menottes, et l'un d'eux décide de l'accompagner à l'hôpital. Ce sont finalement les pompiers qui viennent le chercher. L'hôpital apprendra aux parents de Gabriel l'état de santé de leur fils : les médecins lui prescrivent 30 jours d'ITT.

Les policiers, eux, plaident l'accident. Selon une source policière citée par franceinfo, ils racontent que l'un des agents a plaqué le garçon au sol pour le menotter, en tombant au sol avec lui, avant qu'un autre agent trébuche sur les deux corps, heurtant involontairement le visage de Gabriel. Cette même source assure qu'il n'y a eu, cette nuit-là, "aucune intention de blesser l’adolescent, ni aucun coup porté".

"J'arrive pas à croire qu'ils mentent de cette manière", réplique Gabriel lorsqu'on lui rapporte ce récit. "Ça ne s'est pas passé comme ça, je sais que je ne suis pas tombé mais qu'ils m'ont tapé." Depuis, il raconte qu'il n'arrive plus à dormir, hanté par ce qu'il a vécu. "C'est dur de revoir les mêmes scènes."

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