La troisième plainte pour viol visant l'islamologue suisse Tariq Ramadan déposée cette semaine décrit elle aussi un homme d'une violence inouïe.

Troisième plainte contre Tariq Ramadan
Troisième plainte contre Tariq Ramadan © AFP / Thibaud MORITZ

Alors que la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a décidé le 22 février de maintenir Tariq Ramadan en détention provisoire à Fleury-Merogis, une troisième femme a déposé une plainte contre lui mercredi au Parquet de Paris. 

Cet universitaire controversé, petit-fils du fondateur égyptien des Frères musulmans Hassan el-Banna, à déjà été mis en examen pour viol et viol sur personne vulnérable à la suite de plaintes de deux femmes, dont il rejette les accusations. 

Toujours le même mode opératoire

La dernière plaignante - qui souhaite garder l'anonymat et a choisi de se faire appeler "Marie" - décrit le même mode opératoire que les deux précédentes plaignantes : comme elles, Marie raconte d'abord une histoire de séduction sur internet, un premier contact du théologien suisse. Elle est flattée qu'il vienne vers elle, touchée par son charisme, installe rapidement les applications qu'il lui demande sur les réseaux sociaux pour échanger avec lui. Elle parle d'échanges très osés, puis d'une première rencontre, au bout de quelques jours, qui bascule tout de suite dans la violence extrême, et l'humiliation. Selon Marie, il avait d'autant plus d'emprise sur elle, qu'il se servait de son passé d'escort girl, citée dans l'affaire du Carlton, avec DSK. Après s'être tue longtemps, Marie a donc décidé de porter plainte mercredi au parquet de Paris.

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Tariq Ramadan

Par Sophie Parmentier

Internet, une conférence, un hôtel

Les viols que décrit cette troisième plaignante se seraient répétés une dizaine de fois, entre février 2013 et juin 2014. La plupart, auraient eu lieu dans des hôtels, en marge des conférences à succès que donnait Tariq Ramadan. 

Les deux autres plaignantes accusent également l'islamologue de les avoir violées dans des hôtels. 

La première, Henda Ayari, une ex-salafiste, accuse Tariq Ramadan de l'avoir agressée en marge d'un congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) en 2012. 

La deuxième, quadragénaire convertie à l'islam, handicapée depuis un accident de voiture, a dit aux enquêteurs avoir subi des violences sexuelles dans une chambre d'hôtel à Lyon en 2009. 

"L'empêcher de récidiver, d'exercer des pressions ou de fuir"

Ramadan dit souffrir de sclérose en plaques mais la chambre de l'instruction a jugé son état compatible avec la détention.  

Les investigations ont permis d'entendre trois autres femmes décrivant de la part de Tariq Ramadan un comportement sexuel particulièrement brutal, de telle sorte qu'il est à craindre que celui-ci renouvelle les faits de viol s'il était remis en liberté

explique la Chambre de l'instruction dans sa décision de le maintenir en détention.  

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