C’est à ce demander contre qui il requiert : les neuf prévenus que le tribunal a à juger ou les dizaines de médias qui ont suivi et couvert l’affaire Bettencourt depuis ses débuts ? Dans sa longue introduction, le procureur Gérard Aldigé a plutôt penché pour la deuxième option.

Au moment où je me lève pour prendre mes réquisitions, vous n’auriez pas à connaître de gens malhonnêtes ou indélicats. Vous n’auriez pas à connaître de personnes ayant profité, abusé de la faiblesse d’une vieille dame très fortunée, mais ayant tout simplement bénéficié de sa générosité, ayant accepté des libéralités, des largesses, certes de montants extraordinaires mais auxquelles elle a librement consenti.

Les malveillants ce serait selon eux celle qui a porté plainte.

Les véritables malveillants ce serait aussi celles et ceux dont les témoignages ne leur conviennent pas et contre lesquels ils ont déposé plainte.

Mais si l’on écoute attentivement le réquisitoire de Gérard Aldigé, on se dit que, selon lui, les malveillants sont aussi les médias.

Que l’on puisse critiquer les conclusions de ces cinq experts, c’est légitime. C’est l’essence même du débat judiciaire. Mais on ne saurait, comme cela a été fait, jeter le discrédit sur leur travail, salir leur réputation, éclabousser leur honneur au travers de leur personne. Ce serait honneur, aujourd’hui enfin, aux médias, de reprendre ces observations. L’objectif recherché c’est de laisser penser qu’ils auraient manipulé et poursuivi les prévenus de leur vindicte.

(…) C’est ainsi qu’est bafouée la présomption d’innocence. A moins d’y préférer pour certains la liberté d’informer et qui, hélas, souvent écrase et brise les Hommes parce qu’elle réductrice et trop fréquemment instrumentalisée.

Je ne suis ici le commanditaire de personne, je n’ai reçu aucun ordre. Le parquet français, contrairement à ce qu’on entend trop souvent de l’autre côté de la barre, repris par certains médias, est complètement indépendant.

(…) La justice ne se rend pas dans une salle de pas perdus où s’amassent des micros et caméras et encore moins dans une salle de rédaction

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