Vingt-trois personnes soupçonnées d'avoir fait passer 10 000 migrants, notamment des Kurdes Irakiens, clandestinement vers la Grande-Bretagne a été démantelé cette semaine. Les prix facturés pour ces trajets ont rapporté autour de 70 millions d'euros à ce réseau, selon les enquêteurs.

Patrouilles de sgandrame spour empêcher les migrants de tenter la traversées de la Manche sur des petits bateaux, depuis les plages de la Côte d'Opale
Patrouilles de sgandrame spour empêcher les migrants de tenter la traversées de la Manche sur des petits bateaux, depuis les plages de la Côte d'Opale © Radio France / Matthieu Darriet

Pour les migrants, l'espoir d'eldorado passait par des aires de repos, en bord de route, entre Le Mans et Poitiers. C'est dans ces lieux que leur était fixé le rendez-vous, celui du dernier trajet vers la Grande-Bretagne. 

Venus majoritairement du Kurdistan irakien, mais aussi d'Iran, d'Afghanistan et de Syrie, 10 000 personnes ont ainsi répondu à l'appel des passeurs, selon les organismes Europol et Eurojust, chargés d'aider à la coordination des actions des différents services de police.

7 000 euros par trajet

Démarrée en août 2018, l'enquête menée par les douanes et la police française, ainsi que par la police néerlandaise, a mené, en ce début de semaine, à l'arrestation de 23 suspects qui se trouvaient encore, ce jeudi, en garde à vue. Parmi eux, 19 ont été interpellés en France, et quatre aux Pays-Bas.

Chaque trajet, facturé 7 000 euros par passagers, se faisait dans des conditions décrites par les autorités comme "potentiellement mortelles", dans des camions frigorifiques dans lesquelles s'entassaient les candidats à la traversée. Une fois atteintes les côtes de la Manche, le reste du "voyage" se faisait en bateau pneumatique, jusqu'au Royaume-Uni.

Lors de leurs investigations en France, menées sous l'égide du parquet de Rennes, les enquêteurs ont repéré l'implication de véhicules immatriculés aux Pays-Bas, les incitant à collaborer avec leurs homologues néerlandais

La suite des recherche a permis de mettre au jour un système de paiement "hawala", sorte de paiement via des intermédiaires, de la main à la main. Ce système les a menés jusqu'à un suspect interpellé aux Pays-Bas, chargé de collecter les fonds.

La nationalité des personnes interpellées n'avait pas été précisée ce jeudi. Cinq lieux différents ont également été fouillés lors de cette enquête, et des armes saisies.

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