Lorsque Jean-Jacques Zirnhelt est nommé procureur général de Douai, on est en septembre 2004. « Je ne connaissais de l’affaire d’Outreau que les réactions à travers la presse. » explique-t-il à la barre. A l’époque, le premier procès de Saint-Omer a déjà eu lieu. « Le dépaysement sur la cour d’appel de Paris était déjà en cours » pour le deuxième procès, explique le magistrat aujourd’hui à la retraite.

Et pourtant, l’affaire Outreau revient sur son bureau. Car il apprend l’existence du volet « mineur » de Daniel Legrand, à savoir les faits que l’on juge aujourd’hui. Daniel Legrand encourt un nouveau procès pour cette période des faits. Mais l’avocat général décide alors de ne pas l’audiencer, c’est-à-dire de ne pas organiser ce procès.

« Compte-tenu que les mineurs avaient eu à subir le procès devant la cour d’assises de Saint-Omer, j’ai considéré que pour ces mineurs ce n’était certainement pas facile de revenir une troisième fois devant une cour d’assises », explique-t-il aujourd’hui.

Mais pour les parties civiles, il s’agit là d’un « accord secret » avec la défense. Alors le ton monte. Les avocats s’invectivent. Et le président parle du climat « nauséabond » qui plane sur l’ensemble de ce procès : « l’atmosphère de ce dossier est extrêmement préoccupante ».

Car finalement, le troisième procès Outreau a bel et bien lieu devant la cour d’assises pour mineurs de Rennes. Celui qui a pris cette décision, Olivier de Baynast de Septfontaines n’a pas daigné répondre aux convocations de la cour d’assises.

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