Cela a commencé mezzo voce, avec l’évocation de l’enfance, dans le 16ème arrondissement de Paris. Une famille bourgeoise, un père hongrois, conventionnel, gaulliste ; de sa mère, François-Marie Banier ne dit quasiment rien. Deuxième garçon d’une fratrie de trois, « j’avais déjà un tempérament créatif, en dehors des sentiers conventionnels », dit-il. Vous avez parlé de mauvais traitement, l’interroge le président. « Oui, mon père était un homme très violent, mais je lui ai pardonné », explique François-Marie Banier.

C’est ensuite un festival de noms, de dates, de chiffres. Le lycée quitté à 17 ans, le premier travail d’attaché de presse chez Pierre Cardin, le premier roman à 22 ans. Françoise Giroud le fait travailler à l’Express, Yves Saint-Laurent le débauche de chez Cardin. Et la photo, tout le temps : « je fais 3000 clichés par mois, j’ai toujours travaillé du matin au soir, je ne suis pas du tout ce dandy qu’on a dit, c’est d’une bêtise absolue. »

L’agacement va croissant, face aux questions précises du président. « Pourquoi mettez vous vos tableaux au coffre ? », demande Denis Roucou. « C’est très français comme question, ironise Banier. Je ne vais pas les accrocher les uns sur les autres, je n’ai pas ce côté m’as-tu vu. »

Mais c’est quand on évoque son amitié avec Liliane Bettencourt que l’homme s’emporte franchement. « Je ne suis pas la personne peinturlurée pour les besoins de ces accusations fausses. Mais tout ce que vous me faites subir n’est pas grave, le plus grave c’est d’avoir montré une image de Madame Bettencourt déformée, stupide et ridicule. Elle avait toute sa tête et n’était pas ce personnage risible qu’on a fabriqué. Ce sont des mensonges, où est le respect de ce que Liliane était ? C’était de l’argent que cela lui faisait plaisir de me donner. »

Après ce long plaidoyer pro domo, François-Marie Banier quitte la salle d’audience, le sourire aux lèvres, comme toujours. Il s’amuse à balader dans la salle des pas perdus la meute des journalistes qui tentent de lui arracher un mot, une réaction.

Lui continue de sourire, avec l’air d’un vieil enfant content de lui.

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