la justice ordonne à twitter d'aider à identifier les auteurs de tweets antisémites
la justice ordonne à twitter d'aider à identifier les auteurs de tweets antisémites © reuters

Le mot-clé #UnBonJuif avait fait grincer des dents sur le réseau social. Cette fois, l'oiseau bleu devra s'expliquer devant un tribunal : l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) attaque Twitter pour l'obliger à identifier les auteurs de tweets antisémites.

L'anonymat sur les réseaux sociaux et en particulier sur Twitter sera-t-il bientôt un lointain souvenir ? En tout cas l'UEJF compte bien obliger la firme à dénoncer certains de ses membres en cas de dérapage.

"Twitter joue la carte de l'indifférence en ne respectant pas la décision du 24 janvier" du tribunal de grande instance de Paris qui avait donné deux semaines au réseau social pour identifier les auteurs de tweets antisémites, s'agace Jonathan Hayoun, le président de l'UEJF. "En protégeant l'anonymat des auteurs de ces tweets, ils se rendent complices et offrent un boulevard aux racistes et aux antisémites".

L'association demande également 38,5 millions d'euros de dommages et intérêts, qu'elle s'engage à reverser au Memorial de la Shoah.

En octobre 2012, le hashtag (un mot-clé utilisé sur le réseau social et souvent détourné à des fins humoristiques) #unbonjuif avait donné lieu à toute une série de tweets au mieux de mauvais goût, au pire clairement antisémites. Il avait été suivi par un autre hashtag, #unjuifmort.

François Hollande : "pas d'impunité pour les auteurs racistes et antisémites"

Il faut dire que l'UEJF joue sur du velours. Le même jour, François Hollande s'est lui aussi insurgé contre les dérapages "racistes et antisémites" sur Twitter. Il faut dire qu'il partitipait pour la première fois en tant que président au dîner annuel du Crif, accompagné notamment des ministres de la Justice, Christiane Taubira, et de l'Intérieur, Manuel Valls.

Écoutez l'intervention de François Hollande sur les "tweets antisémites".

Le président s'est élevé contre la diffusion par Twitter de messages à caractère raciste et antisémite, affirmant :

"La garde des Sceaux se chargera de faire exécuter les jugements [demandant à Twitter de transmettre les donnés personnelles d'internautes pour les identifier] car il ne peut pas y avoir d'impunité pour les auteurs racistes et antisémites. Ils doivent savoir qu'il seront poursuivis et condamnés pour leurs agissements. Parce que c'est trop simple : on peut se maquiller, se masquer, on peut emprunter des noms de circonstance pour proférer des insultes".

Dans son discours, le président a également affirmé que "l'antisémitisme n'est pas seulement la haine des juifs. Il est la détestation de la France", que ce soit sur Twitter ou dans le cas de Mohamed Merah, qu'il a également évoqué. "Pour la communauté juive, comme pour la République tout entière, il y a et il y aura un avant et un après Toulouse. C'est pourquoi j'ai voulu que soient tirées toutes les leçons de cette tragédie".

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