L'exposition d'images de violences policières mise en place jeudi matin sur les grilles du Palais du Luxembourg par la Coordination Stop Sécurité Globale n'aura tenu que vingt minutes. Alors que le texte contesté est examiné cette semaine au Sénat, les forces de l'ordre sont intervenues pour les décrocher.

Les clichés n'ont pu rester affichés qu'une vingtaine de minutes
Les clichés n'ont pu rester affichés qu'une vingtaine de minutes © Attac France

Une nouvelle action coup de poing contre la loi Sécurité Globale a été lancée ce jeudi matin par la Coordination Stop Sécurité Globale, qui réunit une soixantaine d'ONG et d'association opposées à cette proposition de loi discutée cette semaine au Sénat. Les militants ont accroché sur les grilles du Palais du Luxembourg des photos de violences policières, rapidement décrochées par les autorités.

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"On voulait accrocher notre exposition d'images de violences policières, précisément celles que l'on craint de ne plus pouvoir diffuser à cause du fameux Article 24 de la future loi Sécurité Globale qui est actuellement en discussion au Sénat", explique Aurélie Trouvé, la porte-parole d'Attac, présente sur les lieux. Depuis que le texte a été dévoilé à l'automne, l'opposition est féroce, en particulier contre l'Article 24 qui prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre.

Des accidents et non des violences

Après son vote à l'Assemblée nationale, la proposition de loi est passée au début du mois de mars par la Commission des lois du Sénat. Les sénateurs ont réécrit le texte, dont l'article 24 avec l'idée de créer un nouveau délit, celui de "provocation à l'identification". Avec leur action de désobéissance civile, les organisations opposées à la proposition de loi voulaient "interpeller les parlementaires et l'opinion publique sur le danger de cet article, qui certes serait réécrit par les sénateurs mais ne nous conviendrait toujours pas. D'autant que le gouvernement et Gérald Darmanin ont réaffirmé leur soutien au texte".

Au bout de 20 minutes, les forces de l'ordre sont intervenues pour enlever les grands clichés suspendus sur les grilles du jardin du Luxembourg. Une symbolique que ne manque pas de relever Aurélie Trouvé : "vous vous rendez compte qu'on ne fait que montrer des grandes photos sur des grilles ? Il n'y a aucune dégradation. On montre la vérité crue, avec à côté des photos, des explications : l'accident, entre guillemets, de Geneviève Legay avec sa chute brutale, les mains arrachées et les yeux crevés des gilets jaunes, etc... Tout ça n'aurait été qu'accidents s'il n'y avait pas eu ces images. Le seul moyen de montrer ces violences policières systémiques, c'est avec ces vidéos de journalistes et d'amateurs."