L'avocat de Bygmalion, société impliquée dans le système présumé de fausses factures de l'UMP pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, s'est étonné mercredi de l'"amnésie générale" frappant selon lui les membres de l'équipe de l'ancien président.

Bygmalion assume. Mr Lavrilleux a confirmé ce qui a été indiqué par Bygmalion [...] On imagine mal Mr Lavrieux seul avec Bygmalion en train d'organiser un système qui a prévu cette facturation.

Patrick Maisonneuve
Patrick Maisonneuve © @Xavier de Torres/Maxppp / @Xavier de Torres/Maxppp

Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, a été entendu mardi durant douze heures par la police judiciaire. L'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé à la tête de l'UMP a admis le 26 mai un montage de fausses facturations à l'UMP afin d'absorber une "dérive" des frais de campagne pour un montant, précisait-il, de l'ordre de 10 à 11 millions d'euros.

Selon des documents comptables de la filiale événementielle de Bygmalion, société fondée par deux proches de Jean-François Copé, publiés mardi par Mediapart, le dépassement s'élèverait à quelque 17 millions d'euros. Jérôme Lavrilleux avait évoqué l'"engrenage irrésistible d'un train qui file à grande vitesse" où "les personnes qui auraient dû tirer le signal d'alarme ne l'ont pas fait" et avait souligné, sans citer de noms, ne pas avoir été "le seul dans le wagon".

Il a dédouané Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé mais laisse entendre que Guillaume Lambert, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée qui dirigea la campagne de 2012, était forcément au courant.

Ça relève un peu d'un problème médical, cette amnésie un peu générale

Eric Cesari, directeur général des services de l'UMP, veillait également à la gestion de la campagne aux côtés de Fabienne Liadze, directrice des affaires financières du parti, et de Philippe Briand, trésorier de la campagne. Franck Louvrier, chargé de la communication de Nicolas Sarkozy, le conseiller Patrick Buisson ou encore le publicitaire Jean-Michel Goudard veillaient également au déroulement de la campagne :

Ça relève un peu d'un problème médical, cette amnésie un peu générale. Quand on est directeur de campagne (...), les meetings, ils ont eu lieu. Donc il sait ce qu'il a payé pour les meetings. Si je paie un meeting 50.000 euros alors qu'il y a 7 ou 8 000 personnes, du matériel, et que ça coûte cinq fois plus, je m'en rends compte.

Le Figaro publie mercredi des extraits d'une récente lettre de Guillaume Lambert au procureur général de Paris dans laquelle il dément avoir été associé à des financements illégaux. Il affirme que l'organisation des réunions publiques du président-candidat était de la responsabilité de Jérôme Lavrilleux. "Cette grande liberté ne retient pas mon attention car j'ai déjà fort à faire", écrit-il notamment.

Guillaume Lambert, aujourd'hui préfet de Lozère et astreint à ce titre à un devoir de réserve, déclare que Jérôme Lavrilleux n'a évoqué des problèmes financiers que le 28 avril 2013, via un SMS. "Nous n'avons plus d'argent. JFC (Jean-François Copé, NDLR) en a parlé au PR (président de la République-NDLR)".

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L'affaire Bygmalion
L'affaire Bygmalion © Radio France
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