Cinq mois après l'annonce d'un vaste plan national de prévention de la radicalisation, le Premier ministre présente ce matin un nouveau plan d'action contre le terrorisme, pour renforcer le précédent, dans un contexte de menace devenue essentiellement endogène avec des attaques de plus en plus imprévisibles.

Le siège du renseignement, à Levallois-Perret, où la DGSI va se voir confier tout le pilotage opérationnel de la lutte antiterroriste.
Le siège du renseignement, à Levallois-Perret, où la DGSI va se voir confier tout le pilotage opérationnel de la lutte antiterroriste. © AFP / Lionel Bonaventure

Le Premier ministre, Edouard Philippe, doit présenter 32 mesures, dans un nouveau plan d'action antiterroriste, censé mieux contrer l'actuelle menace, devenue essentiellement endogène, avec des attaques de plus en plus imprévisibles. Comme celle qui a eu lieu à Trèbes au printemps dernier, le terroriste ayant attaqué des policiers puis un supermarché, juste après avoir déposé sa petite soeur à l'école.

La première mesure-phare concerne la DGSI, où ce plan doit être annoncé, ce qui n'est pas un hasard. Le gouvernement souhaite aujourd'hui donner plus de pouvoirs à cette Direction générale de la sécurité intérieure, dont les policiers spécialistes du renseignement suivent quelque 4 000 cibles parmi les plus inquiétantes. La DGSI va se voir confier tout le pilotage opérationnel de la lutte antiterroriste. Elle assurera désormais la coordination du renseignement, et des investigations judiciaires, sous l'autorité de magistrats. 

Le but est avant tout de mieux partager l'information, entre services antiterroristes souvent co-saisis dans des enquêtes. La section antiterroriste de la PJ parisienne, ou la Sdat (la sous-direction antiterroriste) travailleront ainsi autrement avec la DGSI.

Un parquet national antiterroriste

Autre annonce majeure attendue ce matin : la création du futur parquet national anti-terroriste, le fameux PNAT, dont on avait cru récemment qu'il avait été abandonné. Il devrait bel et bien être officiel aujourd'hui, avec des contours identiques à ceux qu'on pressentait. Ce nouveau parquet national, à compétence nationale pour toutes les affaires terroristes (comme le parquet national financier pour les affaires financières), devrait, selon nos informations, être un parquet uniquement dédié aux seules affaires de terrorisme, et ne pas s'ouvrir au crime organisé, comme il en avait un temps été question.

Parmi les autres mesures qu'Edouard Philippe devrait annoncer : la création d'une cellule de profilage des auteurs d'actes terroristes et d'identification des facteurs de passage à l'acte. L'idée serait de conduire un travail sur les caractéristiques communes à tous les auteurs d'attentats ou de tentatives d'attentats, pour dégager notamment des critères objectifs de dangerosité.

Le gouvernement devrait aussi annoncer la création d'une unité permanente dédiée au suivi des détenus terroristes ou des détenus de droit commun radicalisés en fin de peine. Des détenus qui inquiètent particulièrement les autorités, qui réfléchissent au meilleur suivi possible après la sortie de prison. Les prochains sortants pourraient ainsi être désormais suivis au sein de cette cellule spéciale, avec des policiers antiterroristes et des agents du renseignement pénitentiaires. Enfin, selon nos informations, ce plan prévoit de mieux prendre en charge les victimes d'actes de terrorisme, et de créer pour elles un juge dédié.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.