Le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête après la diffusion d'une vidéo sur laquelle un policier semble tirer à bout portant avec un LBD sur des manifestants, lors de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, jeudi 9 janvier.

 La scène a été filmée jeudi après-midi à Paris, dans le quartier Saint-Lazare.
La scène a été filmée jeudi après-midi à Paris, dans le quartier Saint-Lazare. © capture d'écran

Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi 10 janvier l'ouverture d'une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo sur laquelle on peut voir un policier tirer à bout portant sur un manifestant avec un lanceur de balles de défense (LBD). L'enquête a été confiée à l'IGPN, la police des polices.

Scène confuse

La scène a été filmée jeudi après-midi à Paris rue Saint-Lazare, lors de la manifestation contre la réforme des retraites. La vidéo, confuse, dure 37 secondes. On y voit des policiers charger des manifestants. Un fonctionnaire donne devant lui un grand coup de matraque, un autre tente de faire reculer, à l'aide de son bâton de défense, les personnes se trouvant devant lui. Un manifestant avec une casquette repousse le bouclier qui lui fait face. 

C'est dans ce contexte (à 12e seconde sur la vidéo), qu'un policier - dont le visage est en partie masqué - s'approche et tire avec son LBD à environ un mètre de la foule. En face, un homme tombe à terre. 

Une vidéo "sortie de son contexte", pour la préfecture de police de Paris

La préfecture de police de Paris a affirmé dans un communiqué transmis à l'AFP que la vidéo était "parcellaire et sortie de son contexte", celui de "violents heurts". Elle rappelle que 16 membres des forces de l'ordre ont été blessés "lors de cette manœuvre", et affirme qu'à ce jour, "aucune plainte pour une personne blessée par un tir de LBD n'a été portée à sa connaissance".

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les lanceurs de balles de défenses sont accusés d'être à l'origine de graves blessures : fractures de la mâchoires, joues trouées, blessures à la tête, etc. D'après une étude publiée en novembre dans la revue britannique The Lancet, 40 personnes ont été blessées par des tirs de LBD en 2018-2019. Neuf se sont vues retirer leur œil. Le défenseur des droits Jacques Toubon a réclamé à plusieurs reprises la suspension de cette arme, en raison de sa dangerosité.

En janvier dernier, le directeur de la police nationale Éric Morvan avait envoyé une note aux forces de l'ordre rappelant les conditions d'utilisation des LBD : leur emploi doit répondre aux "principes de nécessité et de proportionnalité", être soumis à "des conditions opérationnelles" telles que le respect "des intervalles de distance propres à chaque munition". Par ailleurs "le tireur ne doit viser exclusivement que le torse, ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs"

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