A peine leur rapport terminé, un an après leur visite au domicile de Liliane Bettencourt, que la polémique a pointé le bout de son nez. Dans le viseur : Sophie Gromb, dont la presse révèle qu’elle a été le témoin de mariage de l’épouse du juge Gentil, lui-même qui instruit à l’époque l’affaire Bettencourt à Bordeaux. La première flèche a été tirée.

La deuxième arrive alors que les cinq experts viennent d’exposer leur travail à la barre.

Me Cornut-Gentille, avocat de François-Marie Banier, évoque d’emblée le « manque de rigueur » des experts. Ont-ils lu l’ensemble des rapports médicaux ? « Vous avez ignoré des pans entiers de la procédure », reproche-t-il.

La coordinatrice de cette expertise collégiale, Sophie Gromb, « j’ai pour habitude, quand je suis nommée expert dans une affaire, de ne pas lire la presse pour ne pas être influencée ».

Sans attendre, Me Jacqueline Laffont, avocate de Patrice de Maistre dégaine à son tour. Et ironise : « Mme Sophie Gromb a commencé à vouloir nous montrer combien elle avait beaucoup travaillé dans le cadre de cette expertise ». Mais « pourquoi avoir privilégié le certificat du docteur Kalafat alors qu’il la voit une heure sans donner aucune donnée chiffrée ? »

Me Pierre Haïk bondit à son tour : « vous dites être restés toute la matinée. Mais dans son procès-verbal, le juge Gentil écrit : « nous sommes arrivés à 8h20, nous sommes repartis à 9h45. » Et d’insister : « donc ça veut dire qu’on a entendu Mme Bettencourt dix minutes pour chacun des experts, ça me paraît extrêmement solide. »

Jacqueline Laffont revient à la charge. Sur les conditions de cette expertise, cette fois. Liliane Bettencourt sortait d’une hospitalisation prolongée. Elle reçoit les experts allongée sur son lit. « C’est une vieille dame de 88 ans, alitée, pas lavée. Et on débarque chez elle à 8 heures du matin, à dix personnes sans qu’elle soit prévenue. Est-ce que c’est une bonne façon de réaliser une expertise ? » interpelle l’avocate.

Les cinq experts répondent en chœur. Arguant de la courtoisie de Liliane Bettencourt. Heureuse, même qu’on s’occupe d’elle, selon eux. Bien qu’elle soit dans l’incapacité de répondre à l’essentiel de leurs questions. « Une coquille vide », décrivent-ils.

Qui finit par se tourner vers son infirmier, qui l’assiste pendant cette expertise. Liliane Bettencourt demande alors : « si je ne le fais pas, qu’est-ce qui va m’arriver ? »

► ► ► DOSSIER |Suivez l'audience en direct, comprenez les enjeux du procès

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.