La loi vient à peine d’être votée, le 5 mars 2007. Le 2 mai, François-Marie Banier a rendez-vous chez Liliane Bettencourt. Avec lui, son notaire et « un spécialiste du droit de la famille », venu faire signer un document à la milliardaire. Et pas un « petit document ». Non, un mandat de protection future, qui vient d’être instauré. « Une nouvelle armure pour consolider les décisions de Madame Bettencourt » explique lui-même François-Marie Banier.

« Mais je n’y suis pour rien » poursuit l’ami de la milliardaire. « Cette affaire n’a aucun intérêt pour moi, je n’aurais pas du m’en mêler. »

Le président du tribunal, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Il s’agace, durcit le ton. « C’est étrange. Qu’elle était l’urgence ? Le mandat de protection future était de toute façon inapplicable avant le 1er janvier 2009 ».

François-Marie Banier, soudain très las : « monsieur le président si c’est pour dire exactement le contraire que je viens de dire et essayer de m’intimider … »

Mais le match de boxe se poursuit. Le président Denis Roucou rappelle que la personne désignée mandataire de protection de l’héritière de L’Oréal est un ami du prévenu. C’est aussi Monsieur Banier qui établit les chèques d’honoraires des avocats et notaires chargés de la rédaction de l’acte : « il s’agissait d’éviter que la comptable de Madame Bettencourt soit au courant de cet acte. », lit le président dans l’audition du notaire.

Pour retomber sur ces pieds, l’artiste fait de nouveau appel à la littérature :

« en 1997, madame Bettencourt m’a dit : « ma famille c’est Mauriac. Le Nœud de vipères… »

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