A l’époque, on parle d’un réseau pédophile international – les enfants Delay auraient été emmenés en Belgique -, les arrestations se multiplient. Les incarcérations aussi. C’est L’affaire du moment.

Et pourtant. « on n’avait pas de matériel, on manquait d’ordinateurs, on avait une voiture pour quinze, parfois on se déplaçait en bus. » A la barre, le commissaire Didier Wallet revient avec amertume sur son enquête. C’est lui qui en est chargé au départ. Lui qui entend les enfants Delay pour la première fois.

« On était à quatre pour traiter cette affaire-là. Il y en a un qui a fait une dépression, l’autre qui a demandé sa mutation. »

« Et vous aviez une formation spécifique pour entendre les enfants ? » interroge le président.

« La pédophilie, c’était 80% de nos affaires dans ce secteur », lâche le commissaire, visiblement encore secoué, quinze ans après. Alors il a fait avec les moyens du bord. Présente des albums photos aux enfants. « C’étaient des albums où ils n’y avaient que des photos des mis en cause » lui reproche l’avocat de Jonathan Delay, Me Patrice Reviron. « Le juge Burgaud nous avait demandé de procéder comme ça », se justifie le commissaire honoraire.

Mais les enfants Delay ne s’arrêteront jamais sur la photo de celui qui est aujourd'hui accusé, explique à la barre Didier Wallet : « Aucun des enfants n’a reconnu Daniel Legrand ».

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