Information France Inter - Un habitant de Saint-Ouen-L'Aumône (Val-d'Oise) a décidé de porter plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après un contrôle d'attestation de sortie obligatoire au cours duquel il dit avoir été violenté.

Kevin Limoucin sera jugé en mars 2021 pour outrage et rébellion. Il a, pour sa part, décidé de porter plainte auprès de l’IGPN.
Kevin Limoucin sera jugé en mars 2021 pour outrage et rébellion. Il a, pour sa part, décidé de porter plainte auprès de l’IGPN. © DR

Kevin Limoucin, 30 ans, est arrivé de Martinique il y a six mois, venu rejoindre sa compagne avant la naissance de leur fille. Ensemble, ils sont confinés dans leur appartement de Saint-Ouen-L’Aumône, dans le Val-d'Oise. Ce jour-là, raconte-t-il, il se trouvait en bas de son immeuble : "J'avais un petit souci sur ma voiture, je voulais changer les bougies si jamais il arrivait quelque chose avec mon bébé. Je venais de finir, je rentrais chez moi, lorsqu'un policier m'a dit 'contrôle'."

Selon une source policière, il s'agissait effectivement d'une opération de contrôle du respect des règles de confinement, dans le quartier de Chennevières, lieu connu des forces de l'ordre pour être un point de deal. À Kevin Limoucin, un premier policier demande à voir son attestation : "Il ne m'a même pas dit bonjour, il m'a dit d'enlever ma casquette et de lui donner mon attestation. Je lui ai dit que j'étais devant la maison."

"Ils m'ont menotté et mis des coups de taser"

C'est alors que les choses dégénèrent, selon le trentenaire. "Ils m'ont tenu, ils ont mis leur genou sur la tête. Ils m'ont menotté et donné des coups de taser sur la cuisse, ils ont bien insisté. Ça m'a tellement fait mal que je n'arrivais plus à respirer." Sur ces images, tournées par des voisins, on entend des habitants du quartier protester lorsque les policiers utilisent leur taser : 

En cause selon les policiers : un coup de poing porté au visage de l’un d’eux, un autre traité de “sale blanc”. Kevin, lui, nie toute agressivité de sa part. "Il ne m'ont même pas parlé d'amende sur le coup. Ils étaient tellement agressifs. Ils me disaient 'Alors, tu chiales, hein ? Tu chiales ?'. Mais ils ne m'ont pas parlé d'amende. De toute façon, je n'avais pas d'attestation donc je l'aurais payée..."

Son médecin, consulté après sa garde à vue, a constaté cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT) et identifié des marques compatibles avec les lésions causées par un taser. "J'ai des marques sur le dos, sur la cuisse, mon visage était gonflé", énumère Kevin Limoucin. "Ça a été violent. Je ne sais pas pourquoi la police française en arrive à faire ça, mais ce n'est pas normal."

Au cours de ce contrôle, quatre autres personnes ont été interpellées : trois pour non-respect du confinement et une personne en possession de plus de 600 grammes de cannabis. Kevin Limoucin, lui, sera jugé en mars 2021 pour outrage et rébellion. Il a, de son côté, décidé de porter plainte auprès de l’IGPN.

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