Valence : un homme lance sa voiture contre des militaires
Valence : un homme lance sa voiture contre des militaires © Fabrice HEBRARD/Le Dauphine Libere/MaxPPP

Des images de propagande djihadiste ont été retrouvées sur le PC de l'homme qui a foncé vendredi au volant de sa voiture sur quatre soldats en faction devant la grande mosquée de Valence et dont les motivations restent pourtant toujours confuses.

Le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, n'a pas précisé s'il s'agissait de propagande du groupe Etat Islamique mais a expliqué qu'il s'agit d''"images qui peuvent être tout à fait trouvées par n'importe qui sur internet".

L'homme, qui a été placé en garde à vue, a été entendu pour la première fois à l'hôpital dans l'après-midi. Il "n'a pas contesté la matérialité (des faits) et sa volonté effectivement de renverser les militaires, de les agresser, de les tuer peut-être aussi" a expliqué le procureur.

Vendredi, alors que la mosquée de la ville est protégé depuis quatre mois par des militaires de l'opération Sentinelle, l'homme avait délibérément dirigé sa voiture vers les quatre soldats en faction une première fois, touchant légèrement un militaires aux jambes, avant de reculer et de repartir à nouveau dans leur direction. Après lui avoir crié de s'arrêter, les militaires avaient alors tiré, blessant l'homme au bras et à une jambe. Une balle perdue a également blessé un passant, un homme de 72 ans touché au mollet.

L'homme, un Français d'origine tunisienne âgé de 29 ans et habitant Bron, est inconnu des services de police. Il était venu à Valence rendre visite à sa belle famille. Il a agi seul et a visé spécifiquement les militaires.

Radicalisation ou problème psychiatrique ?

Sa femme a expliqué qu'elle n'avait rien remarqué qui lui ait fait penser à une radicalisation. On s'interrogeait plutôt sur sa santé mentale.

Lors d'un premier point de presse, samedi en début d'après-midi, le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, a précisé que l'homme, qui aurait crié "Allah est grand" en fonçant à trois reprises sur les militaires, n'est en rien rattaché à un réseau terroriste ou une action terroriste. Il s'est jamais rendu ailleurs qu'en Tunisie.

Le procureur a expliqué que l'homme

Lorsqu'il a été pris en charge par les services de secours, il a tenu des propos assez confus indiquant qu'il souhaitait tuer des militaires parce les militaires tuaient des gens [...] et, d'autre part, qu'il souhaitait se faire tuer par des militaires.

Une vingtaine de militaires sont déployés à Valence, où ils patrouillent entre les lieux de culte et les bâtiments des institutions locales dans le cadre du dispositif Sentinelle mis en place après les attentats de janvier et renforcé à la suite de ceux du 13 novembre à Paris et Saint-Denis.

Dans un communiqué commun, Jean-Yves Le Drian et Bernard Cazeneuve ont apporté leur "entier soutien aux militaires". Soutien également de Manuel Valls.

Emotion des musulmans

L'incident est intervenu entre deux offices en ce jour de prière pour les musulmans. La grande mosquée de Valence a accueilli au total quelque 3.000 fidèles vendredi.

Le Conseil français du culte musulman a lui aussi condamné "avec la plus grande fermeté cette agression lâche" et réitéré "son appel à la sérénité et à la vigilance". Anouar Kbibec, l e président du CFCM h avec Maxime Fayolle

Le 3 février 2015, à Nice, trois militaires en faction devant un centre communautaire juif avaient été agressés au couteau. Près de 10.000 militaires sont déployés en France dans le cadre de l'opération Sentinelle de sécurisation des lieux sensibles mise en place après les attentats parisiens de janvier 2015.

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