le docteur nicolas bonnemaison renvoyé en cour d'assises pour euthanasie
le docteur nicolas bonnemaison renvoyé en cour d'assises pour euthanasie © reuters

Johana, c'est cette fille de six ans, lourdement handicapée, et que son père a étouffé dans son sommeil, ne supportant plus de la voir souffrir au quotidien. L'homme de 44 ans a été condamné à cinq ans de prison avec sursis, un verdict salué par tous.

Rarement une décision de justice aura été l'objet d'une telle unanimité. Empreint "d'humanité", pour la défense. "Parfaitement adapté", pour la partie civile. La cour d'assises de Melun a également suivi en tous points les réquisitions du parquet : cinq ans de prison avec sursis, une mise à l'épreuve de trois ans et une obligation de soins.

Car l'accusé lui-même ne voulait pas d'un acquittement. "Pour lui, ça n'aurait pas eu de sens", explique son avocat Me Hubert Delarue. "Il avait le sentiment qu'il avait des comptes à rendre".

Car Americo Carneiro, 44 ans, est "fragile" et "dépressif". Une détresse qui l'a sans doute poussé à faire le choix terrible de tuer sa propre fille pour lui éviter davantage de souffrances.

"Il était convaincu que son enfant n'avait pas d'avenir. Pour lui, il s'agissait d'un acte d'amour", plaide son avocat.

Le récit de Corinne Audouin à Melun

Johana était née prématurée, tétraplégique, épileptique et souffrait d'un retard mental important. Elle ne pouvait pas rester assise et devait être aidée au quotidien quoi qu'elle fasse. Une aide apportée, à l'époque du drame en 2011, uniquement par son père. Son épouse, maniaco-dépressive, était régulièrement hospitalisée et incapable de s'occuper de leur fille.

Oui, "Americo Carneiro était dépressif", a reconnu l'avocate générale Morgane Baudin, évoquant des "circonstances douloureuses". Toutefois, ces circonstances "n'enlèvent rien" selon elle à la gravité des faits. "M. Carneiro aimait sa fille, c'est certain. Mais son geste n'est pas un acte d'amour. Ce n'est pas parce qu'on est handicapé qu'on n'a pas le droit de vivre".

Pour son avocat, la véritable condamnation est toutefois celle qu'il subit depuis les faits. "Il est entré dans un long hiver, le 4 janvier 2011, dont il n'est toujours pas sorti. Il se trouve condamné à la souffrance perpétuelle de l'absence".

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