Marche blanche à Echirolles après la mort de Kevin et Sofiane
Marche blanche à Echirolles après la mort de Kevin et Sofiane © MaxPPP

La cour d'assises de l'Isère a acquitté deux accusés et en a condamné dix autres à des peines allant de 8 à 20 ans de prison ferme pour les meurtres de Kevin et Sofiane en 2012, à Échirolles. L'affaire avait provoqué une vive émotion dans la région, poussant François Hollande et Manuel Valls à se rendre sur place.

Ces peines sont presque exactement au niveau des réquisitions, qui réclamaient de 10 à 20 ans de réclusion criminelle pour les accusés, âgés de 19 à 24 ans. Un verdict rendu dans des conditions particulièrement tendues, à l'image de l'ensemble de ce procès, jugé à huis clos depuis le 2 novembre. L'un des deux acquittés a même essuyé des insultes de la part d'une proche d'un condamné, qui a crié : "Tu étais là, assassin ! "

Un argument repris par l'un des condamnés, lui aussi furieux après le délibéré.

Vous faites de nous des assassins mais ceux qui ont tué vos fils ont été acquittés .

Le ministère public avait décidé dans ses réquisitions de retenir le principe de la "co-action", estimant que tous devaient être condamnés pour meurtre, y compris les accusés qui n'avaient pas porté directement de coups mortels. L'avocat général considérait que tous avaient contribué à la mort des deux victimes en les affaiblissant ou en les empêchant de fuir ou d'être soignés.

"La répression doit être lisible"

Pour l'avocat de deux des accusés, Me Bernard Ripert, "la cour d'assises de l'Isère a très mal fait".

Dans cette affaire, [la cour] a été influencée, guidée, soumise à la pression de l'opinion publique, peut-être des pouvoirs politiques. Elle a jugé n'importe comment. Une fois de plus, la justice nous montre que l'émotion prime sur le droit.

L'un de ses clients a été condamné à 14 ans de réclusion, l'autre, frère du premier, a été acquitté. L'avocat a immédiatement annoncé sa décision de faire appel.

Lundi matin, l'avocat des parties civiles Me Francis Szpiner s'indignait de son côté de l'attitude des accusés.

Ils ne montrent aucun regret, aucun remords. Ils ne concèdent que du bout des lèvres, à une ou deux exceptions près, ce qu'ils sont obligés de reconnaître.Trois ans après, ils n'ont rien appris.

Il estimait aussi que les réquisitions étaient "incohérentes". "À un moment donné, la répression doit être lisible. Or, je n'ai pas le sentiment qu'elle le soit".

Les 12 accusés étaient jugés pour le meurtre en septembre 2012 de Kevin et Sofiane, 21 et 22 ans , dans un parc d'Échirolles, au sud de Grenoble. Les deux jeunes hommes avaient été poignardés à de nombreuses reprises lors d'une rixe. Sofiane avait également été frappé à coups de marteau.

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