Francis Heaulme lors d'un précédent procès pour meurtre en 2001
Francis Heaulme lors d'un précédent procès pour meurtre en 2001 © Reuters / Vincent Kessler

Et si le "routard du crime" était le meurtrier de deux enfants, en 1986 à Montigny-lès-Metz ? On le saura peut-être enfin lors du quatrième procès dans cette affaire : Heaulme est renvoyé devant les assises par la chambre de l'instruction de Metz.

L'histoire est l'un des faits divers les plus connus de l'histoire criminelle française. Le 28 septembre 1986, deux garçons de huit ans, Alexandre Beckrich et Cyril Beining, sont tués, le crâne fracassé à coups de pierres, sur le talus d'une voie ferrée où ils jouaient non loin de leur domicile, dans la banlieue de Metz.

Pendant longtemps, le coupable de ce crime, on a cru l'avoir coincé : Patrick Dils, âgé de 16 ans au moment des faits, et condamné à la réclusion à perpétuité, jusqu'à la révision de son procès. Pourquoi une révision ? Parce que des années plus tard, on a découvert la présence d'un tueur en série, Francis Heaulme, sur les lieux du crime, le jour du drame.

Patrick Dils libéré (après 15 ans en prison), il restait à décider si l'on devait ou non juger Heaulme, en prison depuis 1992 et condamné six fois pour meurtre (dont deux fois à la perpétuité). La chambre de l'instruction de Metz a finalement suivi le parquet général, qui réclamait le renvoi aux assises du tueur.

Une décision qui satisfait les familles des victimes, après un véritable fiasco judiciaire. Corinne Audouin.

L'avocate de Francis Heaulme a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation contre cette décision de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel.

Un crime signé, selon les gendarmes

Le jour du crime, Francis Heaulme travaillait non loin du lieu de la mort des deux enfants. Il a lui-même reconnu être passé près du talus ce jour-là, disant même avoir vu les enfants qui lui auraient jeté des pierres. Mais depuis, il nie toutefois être l'auteur du crime.

Lors d'une contre-enquête menée avant la révision du procès Dils, les gendarmes ont cru reconnaître la "quasi-signature criminelle" du tueur en série, qui avait déjà tué avec des pierres et condamné pour un meurtre d'enfant.Mis en examen le 9 juin 2006 dans le cadre d'une nouvelle instruction sur l'affaire de Montigny-lès-Metz, Francis Heaulme avait bénéficié un an et demi plus tard d'une ordonnance de non-lieu d'un juge d'instruction.Fait inhabituel, le parquet a fait appel, obtenant le 26 juin 2008 un supplément d'information : notamment l'audition de plusieurs témoins et une expertise sur les photos des cadavres des victimes. Mais la décision relève visiblement plutôt d'une relecture du dossier que de véritables éléments nouveaux.

Les explications de Corinne Audoin

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