Des traces d'un ADN masculin n'appartenant pas à Omar Raddad ont été identifiées il y a deux ans sur le lieu du crime datant de 1991. L'ex-jardinier, reconnu coupable du meurtre de l'héritière, avait été gracié par Jacques Chirac. Une demande en révision sera déposée jeudi par son avocate.

Omar Raddad demande la révision de son procès après la découverte de nouvelles traces ADN ne lui appartenant pas (ici lors de l'ouverture de son procès en 1994)
Omar Raddad demande la révision de son procès après la découverte de nouvelles traces ADN ne lui appartenant pas (ici lors de l'ouverture de son procès en 1994) © Getty / Gilles BASSIGNAC/Gamma-Rapho

Accusé du meurtre de la femme qui l'employait, Ghislaine Marchal, Omar Raddad a été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion. Ghislaine Marchal avait été retrouvée morte, tuée de plusieurs coups violents en 1991 chez elle, à Mougins dans les Alpes Maritimes. Près du corps de cette riche héritière avait été retrouvée une inscription écrite avec son sang, "Omar m'a tuer" (sic). L'ancien jardinier a passé plus de sept ans en prison, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle partielle de la part de Jacques Chirac.

Mais Le Monde a révélé lundi qu'une demande de révision du procès sera déposée par Omar Raddad à la suite des résultats explosifs d'une nouvelle investigation.

Un ADN complet masculin

Un expert privé près la cour d'appel d'Aix en Provence s'est en effet penché sur les deux inscriptions : "Omar m’a tuer", écrite distinctement sur la porte de la cave à vin, et "Omar m’a t", sur la porte de la chaufferie, à proximité du corps de Ghislaine Marchal. Ses analyses ont été rendues en 2019. Son rapport conclut à la présence d'une trentaine de traces d'un ADN complet masculin n'appartenant pas à Omar Raddad et trouvées dans l'une des inscriptions.

Pour expliquer leur présence, l'expert penche vers des "hypothèses de transfert primaire direct ou indirect au moment des faits" selon l'avocate d'Omar Raddad. Autrement dit, l'ADN aurait potentiellement été déposé par l'auteur du message. D'autres traces ADN ne correspondant pas à celles d'Omar Raddad avaient déjà été trouvées sur le lieu du crime, aboutissant à une première saisine de la Cour de révision. Elle avait alors refusé un nouveau procès, en 2002.

Ce mardi, Maître Sylvie Noachovitch, l'avocate d'Omar Raddad était invitée du journal de 13h de France Inter :

"Les expertises du parquet de Nice sont toujours en cours, mais j'ai décidé avec mon client Omar Raddad de faire une demande en révision. Elle sera déposée ce jeudi 24 juin, date qui marque la mort de Ghislaine Marchal."

L'avocate affirme avoir attendu les résultats définitifs "pour avoir peut-être un nom associé à ces traces ADN". Mais la justice étant longue, "nous avons décidé avec mon client de saisir la Cour de révision".

Omar Raddad toujours coupable

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion (à l'époque, il était impossible de faire appel), Omar Raddad avait au total passé plus de sept ans en prison. Il avait été partiellement gracié par Jacques Chirac, le président de l'époque et avait bénéficié d'une libération conditionnelle.

Or une grâce présidentielle n'annule pas une condamnation. Omar Raddad était donc libre mais toujours officiellement coupable.

Grâce à la loi du 20 juin 2014  les conditions de révision d'un procès criminel ont été assouplies. À la demande de l'avocate d'Omar Raddad, qui veut laver son honneur en étant innocenté, de nouvelles investigations ont donc été menées.

Pour la famille de la victime en revanche, Omar Raddad est l'unique coupable.