Il est la voix de la voix de Liliane Bettencourt. Alors dans sa plaidoirie, Me Arnaud Dupin, avocat du tuteur de la milliardaire, entend redonner sa place à la grande absente, celle de victime.

Sept lettres, un mot que Liliane Bettencourt n’a jamais entendu.

Sept lettres un mot que vous allez pouvoir écrire sur votre jugement.

Ce mot, c’est victime.

Liliane Bettencourt depuis 2006 est victime de tous les prévenus que vous avez ici assis depuis près de cinq semaines. La fortune, l’argent ne peut pas dissoudre la réalité d’une infraction. La stratégie de défense qui consiste en une inversion des positions, en une inversion des réalités ne peut nous autoriser à nier le statut de victime dans lequel Liliane Bettencourt se trouve depuis cette date.

Beaucoup parlent d’elle. Elle n’a jamais voulu, une seule fois, une seule minute que son nom soit associé à un procès. Ce procès est celui de monsieur Banier, D’Orgeval, Wilhelm, De Maistre, Bonduelle.

Personne n’a dit en cette femme en sept ans : « je vais vous défendre ». Tous les avocats qui se sont succédés ont été corrompus par le désir de satisfaire leur serviteur mais jamais cette femme. Pendant tant d’année, elle a été jetée en pâture, mise en avant dans les médias dans des images abominables et abjectes.

Chez les Bettencourt, on est élevé d’une certaine manière. D’une manière qui vous amène à être pudique - certainement pas exubérant - à être discret, à être aimant parce que la fortune, quelle qu’elle soit, ne vous enlève jamais les sentiments que vous avez en votre for intérieur. Liliane Bettencourt rit. Liliane Bettencourt pleure.

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