Le lycéen de 15 ans arrêté vendredi à Créteil après avoir braqué une arme factice sur sa professeure la veille a été mis en examen dimanche soir. La scène avait été largement diffusée sur Internet. Lundi, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer "encourage" l'interdiction du téléphone portable dans les lycées.

Jean-Michel Blanquer a réagi, dimanche, aux faits survenus dans le lycée Édouard-Branly de Créteil
Jean-Michel Blanquer a réagi, dimanche, aux faits survenus dans le lycée Édouard-Branly de Créteil © AFP / Bertrand Guay

Après les collèges à la rentrée dernière, les lycées vont-ils à leur tour être amenés à interdire l'utilisation du téléphone portable dans les lycées ? C'est en tout cas ce que préconise le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, dans une interview parue ce lundi dans Le Parisien

"Notre loi ouvre la possibilité aux lycées d'interdire le portable. Cela n'était pas possible avant. J'encourage ainsi vivement les lycées qui sont confrontés à des faits anomaux à user de ce nouveau droit"

Le ministre réagit à la diffusion d'images filmées jeudi au lycée Édouard-Branly de Créteil, sur lesquelles on peut voir un jeune homme, âgé de 15 ans, braquer une arme factice sur son enseignante pour la forcer à l'inscrire "présent" en classe malgré son retard. Cet incident "montre à quel point nous avons eu raison de systématiser l'interdiction du téléphone à l'école et au collège", indique Jean-Michel Blanquer. "A Créteil, on peut se demander si les faits n'ont pas été accomplis pour être filmés et diffusés", ajoute-t-il. 

"Aujourd'hui, les réseaux sociaux amplifient la tentation d'imiter les choses vues à la télévision ou sur Internet. Ils encouragent également des élèves qui se croient malins d'organiser des faits avec pour motivation de les diffuser"

Dimanche, le ministre et son homologue à l'Intérieur Christophe Castaner avaient annoncé la réunion prochaine d'un "comité stratégique pour un plan d'action ambitieux" visant à lutter contre les "menaces et avanies" telles que celles subies par l'enseignante de Créteil : "Il y a des sujets qui relèvent de l'éducation nationale stricto sensu, et d'autres qui relèvent malheureusement de l'importation par nos écoles, collèges et lycées, de problèmes qui existent à l'extérieur", expliquait dimanche Jean-Michel Blanquer. "Et ces problèmes, nous devons les traiter conjointement avec le ministre de l'Intérieur, par exemple en faisant face aux phénomènes de gangs, de trafic de drogue, tous ces sujets qui sont autour de nos établissements et qui les polluent", a-t-il ajouté. 

Le lycéen mis en examen pour violences aggravées

Les enquêteurs cherchent toujours à savoir qui, dans la classe, a filmé et diffusé ces image. En revanche, dimanche soir, le lycéen qui a utilisé l'arme factice, interpellé vendredi, a été présenté à un juge et mis en examen. Au cours de ses 48 heures de garde à vue, le jeune homme a reconnu les faits, mais les a semble-t-il minimisés. Il n'aurait pas souhaité intimider sa professeure de science, et aurait braqué une arme vers elle, selon lui, sur le ton de la rigolade. 

Le garçon dit aussi qu'il ignorait qu'il était filmé. Il est ressorti libre du bureau du juge pour enfants, mais mis en examen pour violences aggravées. Trois circonstances sont aggravantes : l'usage d'une arme (même si elle s'est avérée factice), le fait que ce soit une enseignante qui a été menacée, et enfin le fait que l'incident s'est produit dans un établissement scolaire. 

Il encourt trois ans et demi de prison. D'ici son procès, dont la date n'est pas encore fixée, l'adolescent a interdiction de paraître dans le Val-de-Marne, d'entrer en contact avec la professeure (qui s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours en raison du choc psychologique), et doit avoir un suivi scolaire dans une nouvelle structure, donc. 

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