Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, est décédé dimanche 5 janvier suite à un malaise cardiaque survenu l'avant-veille lors d'un contrôle policier à Paris. Les avocats de sa famille dénoncent "une bavure policière". Des témoins ont filmé son interpellation vendredi.

Des vidéos montrent Cédric Chouviat au sol, lors de son interpellation le vendredi 3 janvier.
Des vidéos montrent Cédric Chouviat au sol, lors de son interpellation le vendredi 3 janvier. © Capture d'écran - vidéo témoin

Les avocats de la famille de Cédric Chouviat ont dénoncé mardi 7 janvier une "bavure policière", en publiant des vidéos de l'interpellation polémique du livreur à scooter, fournies par plusieurs témoins. Cédric Chouviat, qui était âgé de 42 ans, est mort à l'hôpital dans la nuit de samedi à dimanche, des suites d'un malaise cardiaque survenu lors d'un contrôle routier vendredi 3 janvier, quai Branly près de la Tour Eiffel à Paris. Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire.

Comment a-t-il chuté ?

Sur une des vidéos diffusées ce mardi, on voit le livreur à scooter, avec un casque sur la tête, marcher nerveusement autour de plusieurs policiers qu'il est en train de filmer. Il semble contester son contrôle. Une seconde vidéo le montre allongé sur le ventre, retenu au sol sous le poids de trois policiers.

Si les images ne montrent pas comment la victime a chuté, "deux témoins indiquent qu'il a subi une clé d'étranglement", a assuré mardi Arié Alimi, un des avocats de la famille, d'après qui "la communication de la préfecture de police ne correspond pas à la réalité des faits" parce qu'elle "n'a jamais évoqué ce plaquage ventral". Cette méthode est "très dangereuse", elle est "interdite dans de nombreux pays", a estimé l'avocat devant les journalistes. 

L'autre conseil de la famille, William Bourdon, a dénoncé la "culture de l'impunité ancrée dans la police" et une "américanisation des techniques d'interpellation". D'après lui, la méthode est ici "inappropriée", estimant que les policiers pouvaient "simplement lui passer les menottes".

Pourquoi a-t-il été arrêté ?

Le motif de l'arrestation pose également question. Selon la police, il se trouvait au téléphone quand les policiers l'ont arrêté vendredi matin. Le livreur à scooter se serait montré "irrespectueux et agressif", d'après la police.

Cette version est contestée par la famille du défunt qui explique qu'il utilisait un micro intégré à son casque pour téléphoner, lorsqu'il était au volant. Selon les proches de la victime, la police leur a indiqué que Cédric avait été arrêté parce que la plaque d'immatriculation de son deux-roues était sale et donc difficilement lisible.

Sa famille veut faire taire "les mensonges"

"En tant que croyant, on accepte sa perte. Mais après, il y a des circonstances et des faux témoignages", a déclaré mardi son épouse devant la presse. "Mon mari a peut-être commis une infraction", a-t-elle concédé, mais "s'il a pris une vidéo c'est qu'il s'est passé quelque chose". "Mon mari avait bon cœur, il était un peu gueulard, je reconnais qu'il a pu être insultant, pour autant il ne mérite pas ce qui lui est arrivé", a ajouté Doria Chouviat, assise à côté de ses enfants. Sofia, sa fille âgée de 18 ans, a dit souhaiter que "les mensonges cessent" et que tout le monde sache que son père "était un grand homme". "Notre famille prône la paix mais aussi la justice"

L'épouse de Cédric Chouviat s'est exprimée lors d'une conférence de presse mardi 7 janvier, à Paris
L'épouse de Cédric Chouviat s'est exprimée lors d'une conférence de presse mardi 7 janvier, à Paris © Radio France / Sophie Parmentier

"Aujourd'hui, il y a cinq orphelins qui vont me poser des questions. Je leur dis quoi ?", s'est interrogé le père du livreur décédé. "On a assassiné mon fils, c'est un meurtre, a estimé Christian Chouviat qui n'a "plus confiance en la police". "Tant que mon cœur battra j'irai au combat, je ne veux plus que ces trois policiers dorment", a-t-il conclu.

L'autopsie révèle "une fracture du larynx"

La famille du défunt a déposé une plainte mardi matin pour violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le parquet de Paris a annoncé dans l'après-midi, l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire. 

L'autopsie du corps réalisée lundi révèle une asphyxie "avec une fracture du larynx", ainsi qu'un "état antérieur cardiovasculaire", selon le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, qui précise que "des investigations médico-légales complémentaires seront diligentées pour préciser ces premiers résultats". Plus tôt dans la matinée, l'avocat Arié Alimi indiquait que Cédric Chouviat "n'avait strictement aucun problème cardiaque, il faisait seulement un peu d'hypertension".

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