La construction de deux maisons par l’homme d’affaires Pierre Ferracci dans un espace protégé agite l’île. Le dossier a connu plusieurs rebondissements ces dernières semaines.

Entre 2008 et 2013, Pierre Ferracci a fait construire deux villas dans la baie de Rondinara, près de Bonifacio. Le 5 juillet dernier, il a écopé d'un million d'euros d'amende.
Entre 2008 et 2013, Pierre Ferracci a fait construire deux villas dans la baie de Rondinara, près de Bonifacio. Le 5 juillet dernier, il a écopé d'un million d'euros d'amende. © Maxppp / Gérard Baldocchi

6 juillet : Ferracci condamné en appel

La sanction tombe. La cour d’appel de Bastia confirme les sanctions prononcées le 8 février 2016 par la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance d’Ajaccio. Pierre Ferracci, via sa SCI, est condamné à un million d’euros d’amende, pour avoir fait construire, entre 2008 et 2013, deux villas sur un site protégé, près de Bonifacio. 670 mètres carrés d’habitations, des piscines, à quelques mètres du rivage.

L’affaire pourrait s’arrêter là. Mais l’association environnementale U Levante, partie civile dans l’affaire, ne décolère pas. Elle réclamait, en sus de l’amende, la démolition des bâtiments. Pour les membres de l’association, la décision créé un précédent.

Si une famille puissante se permet de construire, sans permis, dans un lieu protégé, et n’est condamnée qu’à une amende, la porte s’ouvre pour une bétonisation illimitée des lieux, pour l’instant indemnes. […] Seule la démolition et la remise en état peuvent effacer la souillure.

15 juillet : le propriétaire se défend

Dans un courrier envoyé au journal Le Monde, puis dans un entretien accordé à France 3 Corse ViaStella, Pierre Ferracci affirme qu’il possédait bien un permis de construire, déposé en 1996. Mais il ne l'a pas respecté. Prévu pour cinq villas dans les hauteurs, il en a finalement fait construire deux, en contrebas.

Car entre la date d’obtention du permis de construire, en 1996, et le début des constructions, en 2008, « le terrain est devenu remarquable, donc inconstructible », en 2006, précise Pierre Ferracci. L’homme d’affaires préfère revoir ses plans, sans demander un permis de construire modificatif. « Il n’avait aucune chance d’aboutir », explique-t-il. Pourtant, ces changements vont dans le bon sens selon lui. Ses propriétés sont moins visibles et ne dominent pas la baie de Rondinara, contrairement au projet initial. De plus, elles protégeraient davantage l’environnement. Lors du jugement en première instance, en février 2016, la Cour reconnait que "les constructions s'insèrent mieux dans le paysage."

30 juillet : les associations contre-attaquent

U Levante annonce se pourvoir en cassation pour réclamer la démolition des deux villas, selon les informations de France Bleu RCFM. Entretemps, l’association a également lancé une pétition « pour la démolition systématique des constructions illégales en espaces protégés. » Elle a recueilli 34 000 signatures. Parallèlement, un rassemblement anti-villas est organisé ce dimanche, à 16 heures, à Vizzavona, au centre de l’île.

De son côté, Pierre Ferracci dénonce une forme d’acharnement. « On veut faire un exemple de mon cas », déplore-t-il.

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