Le laboratoire clandestin à Villejuif était destiné à la préparation d'un attentat terroriste.

François Molins, procureur de la République, annonce la mise en examen de 2 des suspects de Villejuif
François Molins, procureur de la République, annonce la mise en examen de 2 des suspects de Villejuif © AFP / Bertrand GUAY

Deux des trois hommes suspectés de préparer une attaque ont été mis en examen dimanche, quatre jours après la découverte fortuite de leur laboratoire clandestin à Villejuif près de Paris, selon le procureur de Paris, François Molins.

Ces deux suspects sont âgés de 36 et 37 ans et l'un d'eux, fiché S, a entretenu des liens avec le djihadiste du groupe Etat islamique Rachid Kassim. Ils ont refusé de préciser leur projet meurtrier.

Avec les quantités de produits chimiques retrouvés par les enquêteurs, les deux suspects auraient pu confectionner entre trois et quatre kilogrammes de TATP, un explosif utilisé lors de plusieurs attentats ces dernières années en Europe. Les deux hommes voulaient fabriquer dix kilos de TATP selon le procureur Molins, et avaient déjà procédé à des essais d'explosion.

Dans ce studio de 25 mètres carrés, les démineurs ont également recensé de quoi commander ces explosions à distance : réveil, piles électriques, têtes d'allumettes. Bref, tout ce qu'il faut pour frapper la France une nouvelle fois alors qu'ils ont échoué à rejoindre les rangs de l'état islamique en 2015.

L’analyse des clés USB, des ordinateurs et vidéos ont notamment montré qu'ils avaient fait des recherches sur les thèmes tels que “chimie”, "explosifs”’, ou "EI". Ont été découverts également des jeux vidéos de simulation de conduite de poids lourds.

Démasqués par hasard

Ce studio et cet équipement ont été repérés grâce à la perspicacité et à la réactivité de deux artisans, auquel le procureur de la République François Molins a d'ailleurs tenu à rendre hommage .

C'est en intervenant dans un immeuble de Villejuif que les deux professionnels ont aperçu une quantité de bouteilles de produits toxiques sur la terrasse d'un studio, avec, dans un saladier, une pâte blanche, en l'occurrence du TATP déjà confectionné, ou encore des inscriptions en arabe.

Ces deux artisans , en appelant les services de police, ont permis de démanteler ce laboratoire clandestin et d'arrêter ensuite les deux djihadistes qui y préparaient leurs bombes.

Jusque là, les deux hommes n'avaient éveillé aucun soupçon. La radicalisation de l'un d'eux avaient conduit à le ficher S.

Mais ses contacts avec le djihadiste et recruteur français Rachid Kassim en Syrie, la consultation de sites de propagande de l'Etat islamique, les essais d'explosions sur la terrasse, tout cela était passé totalement inaperçu.

La menace persistante en France

Pour le procureur François Molins,"cette nouvelle affaire illustre la réalité et la persistance durable de la menace terroriste représentée en France par les sympathisants de Daech qui sont restés dans notre pays et qui sont pénétrés par la propagande de l’organisation terroriste. Il est clair qu'il s’attachaient à fabriquer des explosifs en grande quantité".

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