un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel
un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel © reuters

Un policier est jugé pour homicides involontaires devant le tribunal de Pontoise, dans le Val d'Oise, après la mort de deux adolescents, en novembre 2007 à Villiers-le-Bel .

Le décès de Moushin et Laramy, âgés de 15 et 16 ans, avait déclenché deux jours d'émeutes dans la ville.

Plus de cinq ans après les faits, au bout d'un long parcours judiciaire (non lieu, appel, etc... ), le policier qui conduisait la voiture comparaît devant le tribunal correctionnel, pour "homicide involontaire".

Corinne Audouin suit l'audience à Pontoise

Le policier, aujourd'hui âgé de 36 ans, encourt trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour n'avoir pas respecté la limitation de vitesse: 64 km/h au lieu de 50. Il est également soupçonné de n'avoir pas pris toutes les précautions qui auraient permis d'éviter la collision mortelle.

De leur côté, adolescents roulaient sans casque, sur une moto et ont refusé la priorité.

Un premier non-lieu

Les quatre policiers présents à bord du véhicule lors de l'accident avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu, les juges estimant qu'aucune faute ne leur était imputable. L'enquête établissait alors que, malgré un excès de vitesse, l'arrivée de la moto, qui devait la priorité à l'automobile, était "imprévisible" et "irrésistible".

Celle-ci, qui n'était pas homologuée pour circuler sur les routes, et dont les passagers ne portaient pas de casque, circulait à vive allure, avec un système de freinage hors d'état, selon l'expertise.

Mais suite à un appel des parties civiles, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a décidé en septembre 2011 le renvoi du conducteur de la voiture devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Me Emmanuel Tordjman, avocat des familles, a déclaré:

Ce qu'on attend, c'est que le tribunal dise le droit et dise enfin la vérité judiciaire de ce dossier. Les familles aimeraient un peu d'empathie, de compassion.

Le procès du policier, qui doit se dérouler sur deux jours, avait été reporté en juin dernier car le prévenu était mis en examen pour faux témoignage, une instruction qui s'est depuis soldée par un non-lieu.

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