vers un arrêt du traitement de vincent lambert ?
vers un arrêt du traitement de vincent lambert ? © reuters

Le rapporteur public de la plus haute juridiction administrative s'est prononcé pour l'arrêt du traitement de l'homme de 38 ans, maintenu en vie dans un état "végétatif" et sans "aucune perspective d'amélioration". La décision a été mise en délibéré.

Le Conseil d'État rendra finalement sa décision le 24 juin, dans une affaire qui est devenue symbolique du combat pour ou contre l'euthanasie et des conflits familiaux qui en résultant.C'est l'épouse de Vincent Lambert et l'un de ses neveux qui avaient saisi le Conseil afin de statuer en dernier recours sur le sort du jeune homme, qu'ils refusent de maintenir en vie contre l'avis de ses parents. Vincent Lambert, qui est hospitalisé au CHU de Reims, est dans un état "végétatif", sans "aucune perspective d'amélioration", selon l'expertise ordonnée en février par le Conseil d'Etat, et résumée vendredi par le rapporteur public.

Aussi douloureuse que soit cette constatation, il faut considérer que l'alimentation et l'hydratation de Monsieur Lambert n'ont pas d'autre effet que de le maintenir en vie artificiellement.

Le rapporteur propose d'infirmer le jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne obtenu le 16 janvier par les parents de Vincent Lambert, un demi-frère et une soeur du patient. Il avait ordonné la suspension d'une décision d'euthanasie passive prise par l'équipe médicale, en accord avec son épouse Rachel.

"Sa voix, ténue et fragile, ne peut être ignorée"

Déjà en mai 2013, Viviane et Pierre Lambert, mus selon leurs détracteurs par une forte "idéologie" catholique, avaient fait rétabli l'alimentation et l'hydratation artificielles de leur fils alors que le CHU avait décidé d'y mettre un terme.

Selon François Lambert, son neveu, le patient a manifesté de longue date des signes de refus des soins. Même si sa voix est "ténue et fragile", les positions d'un individu sur la fin de vie pouvant changer au cours de son existence, "elle constitue un élément du dossier que vous ne pouvez pas ignorer", a estimé le rapporteur public.La loi Leonetti de 2005 proscrit "l'obstination déraisonnable" et autorise dans certains cas l'euthanasie passive, c'est-à-dire l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielles ou l'administration d'opiacés ou de sédatifs à haute dose.Si le patient est dans l'incapacité d'exprimer ses volontés, la décision doit être prise par le médecin chargé du patient en concertation avec l'équipe de soins et la famille.

Une procédure qui a été "régulière" dans ce dossier, selon le rapporteur du Conseil d'Etat.

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