Au septième jour d’audience devant la cour d’assises de Paris, l’un des deux accusés a donné ce mardi sa version des faits. Il nie tout rapport sexuel au sein des prestigieux locaux de la police judiciaire parisienne et évoque seulement une "furtive" relation sexuelle à l’intérieur d’une voiture de service.

Au procès du viol au "36", Antoine Q. nie tout viol et raconte une pénétration consentie
Au procès du viol au "36", Antoine Q. nie tout viol et raconte une pénétration consentie © AFP / Bertrand Guay

"Dès que je rentre dans la voiture, elle pose la main au niveau de ma braguette". À la barre, Antoine Q., 40 ans désormais affecté à la Brigade nationale de recherche des fugitifs, raconte comment s’est déroulée, selon lui, cette nuit du 22 au 23 avril 2014. 

Après une soirée arrosée dans un pub irlandais tout proche du 36 Quai des Orfèvres, au cours de laquelle il affirme avoir échangé quelques baisers avec une touriste canadienne, il conduit la jeune femme, avec la voiture de service, jusqu’aux locaux de la PJ parisienne, afin de les lui faire visiter. Son collègue et co-accusé, Nicolas R., doit les y rejoindre à pied, le temps de fumer une cigarette. 

Selon son récit, les caresses initiées par la plaignante dans la voiture plaisent au policier. "Je l’ai laissée faire", assure-t-il. C’est aussi la jeune femme, qui selon lui, attrape sa main et la glisse à l’intérieur de son short pour d’autres caresses. "Elle respirait fort, n’opposait pas de résistance", dit le quadragénaire. Entre-temps, la voiture est arrivée devant le 36. Ils s’arrêtent. "Un collègue est arrivé vers nous, je me suis senti gêné, je ne savais pas ce qu’il avait vu"

"Donc elle s'est jetée comme une bête sur votre braguette ?"

Ensuite, face aux questions du président de la cour, puis à celles de l’avocat général, le fonctionnaire apparaît en difficulté. 

"Donc vous dites que sur un trajet de 3 ou 4 minutes, Mme Spanton s’est jetée comme une bête sur votre braguette. Vous n’avez pas été violé, au moins, monsieur ?", ironise le représentant du ministère public. 

Les déclarations du policier ne collent pas avec les prélèvements biologiques. Des caleçons avec du sperme et l’ADN de la plaignante ont été retrouvés chez lui, alors que lui maintient ne pas avoir éjaculé. 

Par ailleurs, si cette relation était consentie comme il l’affirme, pourquoi n’en a-t-il parlé que six mois après sa garde à vue ? "Je l’aurais dit tôt ou tard, je voulais juste protéger ma famille", lâche-t-il, la voix tremblante. 

L'avocate du policier le presse de se montrer plus convaincant. "Le bout des lèvres pour chacune de vos réponses, ça suffit !", tonne Anne-Laure Compoint. "Expliquez à la cour comment vous avez manqué de courage dans ce dossier".

"J’avais trop à perdre", répond Antoine Q. "J’ai déjà la perdu la moitié de ma vie, la BRI. J’ai trahi ma femme, tous les préceptes de fidélité (…). Mais je suis sincère, j’ai rien fait à cette femme, il ne s’est rien passé dans les locaux". 

Son cri du cœur sonne étrangement creux.

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