Le policier filmé en mars en train de frapper un jeune, devant son lycée parisien, est reconnu coupable des faits reprochés. La famille de l'adolescent exprime sa "satisfaction".

Le lycéen de 15 ans agressé par un policier à la sortie du délibéré, au Palais de Justice de Paris
Le lycéen de 15 ans agressé par un policier à la sortie du délibéré, au Palais de Justice de Paris © Maxppp / Sadak Souici

Après le temps de l’indignation et du buzz, celui de la Justice : le policier qui avait agressé un lycéen, en mars, devant le lycée parisien Bergson, a été condamné ce mercredi à huit mois de prison avec sursis. Ce violent coup de poing asséné à l’adolescent de 15 ans, en plein rassemblement contre le projet de loi Travail, avait été filmé par des témoins et très largement repris sur internet.

Une affaire emblématique, donc, des violences policières, qui n’aboutit pas à un acquittement pour l’agent de la force publique : en soi, c’est déjà une victoire pour l’avocat du lycéen, Maître Arié Alimi.

Ce qui est une satisfaction, c’est surtout la déclaration de culpabilité. C’est un véritable soulagement que la Justice ait reconnu sa vérité à mon client et à sa famille.

La peine, du sursis, mais tout de même un peu plus lourde que les six mois requis par le procureur de la république, aurait-elle été la même si des vidéos de l’agression n’avaient pas été publiées sur les réseaux sociaux ? C’est la question que pose la mère de la victime :

Pour une fois, un policier a été reconnu coupable et je suis très contente pour les tous les enfants qui n'ont pas eu gain de cause face à la police. S'il n'y avait pas eu la vidéo, ça aurait été la parole d'un policier contre celle de mon fils.

Pas d'inscription au casier judiciaire

La condamnation ne sera pas inscrite au casier judiciaire du policier, qui pourra donc continuer à exercer sous l’uniforme. C’est ce qu’avait requis le procureur. Depuis les faits, l’agent avait été suspendu de voie publique, et cantonné à du travail de bureau pour la durée de son contrôle judiciaire. Il pourrait tout de même être plus durement sanctionné par ses supérieurs : la procédure administrative, après l'enquête menée par la police des polices, n’a pas encore débuté.

Le policier, âgé de 26 ans, ne s’était pas déplacé ce mercredi au Palais de justice de Paris pour prendre connaissance du délibéré.

Le lycéen, lui, était présent. Il est retourné en cours ce mercredi. "Il va commencer à faire son deuil de tout ce qui s‘est passé", selon son avocat. Grâce à ce verdict, lui qui a été agressé pour avoir voulu manifester contre la Loi Travail, "commence à voir que ce n‘est pas comme ça [par des violences policières] que l’on traite les mouvements sociaux et la participation citoyenne", explique encore Maître Alimi.

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