L'augmentation de 30% des violences conjugales en une semaine, annoncée hier par le ministère de l'Intérieur Christophe Castaner, correspondrait à des déplacements des forces de l'ordre aux domicile, mais elle ne se vérifie pas judiciairement parlant.

Un système d'alerte pour les femmes victimes de violences de la part de leur conjoint sera mis en place dans les pharmacies
Un système d'alerte pour les femmes victimes de violences de la part de leur conjoint sera mis en place dans les pharmacies © AFP / Eric FEFERBERG

Selon des chiffres révélés par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, les violences conjugales auraient augmenté "de 32% en une semaine en zone gendarmerie". Une augmentation qui atteint même "36% dans la zone de la préfecture de police de Paris". Des chiffres qui, toujours selon le ministère de l’Intérieur, correspondent aux déplacements des policiers et gendarmes à domicile au motif de violences conjugales suspectées. Mais intervention ne signifie pas forcément poursuite judiciaire, ni suite judiciaire tout court d’ailleurs.  

À Paris, Bobigny, Pontoise, Nanterre, Créteil pour l’Île-de-France, mais aussi dans le Gard, ou encore l’Oise, aucun parquet n’a constaté d’augmentation des dossiers de violences conjugales depuis le début du confinement. 

Cette question est pourtant devenue une priorité absolue dans la plupart des juridictions, dans le “top 5” des sujets à suivre en ces temps de confinement et donc de risque accru pour les femmes victimes de leurs conjoints. Mais non, à ce stade, pas de chiffres inquiétants. Trois téléphones grave danger, ce dispositif d’alerte mis à disposition des femmes victimes ont bien été distribués à Pontoise, par exemple, depuis le début de semaine, mais ces chiffres restent habituels. 

Comment les femmes peuvent-elles appeler à l'aide ?

Cette absence d’augmentation peut vouloir dire que les craintes des associations d’aide aux victimes, notamment, ne se seront pas vérifiées à ce stade. Mais elle peut aussi signifier, et ce serait alors plus inquiétant, que les femmes, confinées avec leur agresseur, n’ont tout simplement plus la possibilité d’appeler à l’aide.  

C'est notamment pour éviter cet écueil que le gouvernement a décidé de mobiliser les pharmacies. Elles font partie des commerces ouverts malgré le confinement et serviront désormais de relais pour les femmes victimes de violences en leur permettant d'appeler les forces de l'ordre, voire en le faisant pour elles. 

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