Bruno Beschizza, le maire d'Aulnay-sous-Bois, a apporté son soutien à la famille de Théo, victime d'un viol présumé jeudi dernier. Il dénonce la requalification des faits.

Bruno Beschizza, le maire d'Aulnay-sous-Bois, a réclamé une enquête rapide pour obtenir "la vérité" sur l'interpellation musclée d'un habitant de la Cité des 3 000
Bruno Beschizza, le maire d'Aulnay-sous-Bois, a réclamé une enquête rapide pour obtenir "la vérité" sur l'interpellation musclée d'un habitant de la Cité des 3 000 © Maxppp / photo illustration

Après l'interpellation à Aulnay-sous-Bois d'un jeune homme de 22 ans par quatre policiers, le maire LR Bruno Beschizza a regretté sur Facebook que le viol présumé de Théo ait été requalifié en "violences volontaires".

Au micro d'Elodie Forêt, le maire d'Aulnay-sous-Bois a précisé que "la gravité des faits", le jeune homme accusant les policiers de viol en pleine rue avec une matraque télescopique, sous le regard de témoins qui ont filmé l'interpellation, "exige une enquête rapide et précise afin de faire toute la lumière sur ces faits".

"On ne peut pas laisser traîner" a poursuivi Bruno Beschizza, qui souhaite ramener le calme dans sa ville : "cette affaire est grave, la ville d'Aulnay est traumatisée, les habitants sont choqués et il n'y a que la vérité qui peut ramener la sérénité."

60 jours d'ITT, les quatre policiers présentés à la justice dimanche

Les quatre policiers accusés d'avoir blessé le jeune homme à coup de matraque jeudi dernier dans la Cité des 3 000 vont être présentés dimanche à un juge de Bobigny, où une information judiciaire pour violences en réunion a été ouverte. Le parquet a confié à un juge d'instruction une enquête pour "violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique" à l'encontre des quatre fonctionnaires, soupçonnés au départ de "viol en réunion".

Une requalification dénoncée par Bruno Beschizza qui en appelle au ministère de l'Intérieur : "Il n’est pas possible de laisser planer un doute, de cacher ou de dissimuler."

"Toute la lumière doit être faite sur cette affaire intolérable et inacceptable. Le métier de policier est un métier noble. La police est là pour protéger et non humilier nos concitoyens. Je ne comprends donc pas cette requalification."

Jeudi, vers 17h, ce jeune habitant d'Aulnay avait fait l'objet d'une "interpellation musclée" après qu'une opération de "contrôle" a dégénéré, selon une source proche de l'enquête. La scène de l'interpellation, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, montre notamment un policier "porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses" du jeune homme, après que son "pantalon a glissé tout seul", selon cette source, qui explique ainsi la requalification des accusations en "violences volontaires".

Gravement blessé au niveau de la zone rectale, le jeune homme était toujours hospitalisé dimanche, après avoir été opéré. Il déclaré que l'un des policiers lui avait introduit volontairement sa matraque dans l'anus. Lors de son hospitalisation jeudi à l'hôpital Robert Ballanger d'Aulnay, un médecin a notamment diagnostiqué "une plaie longitudinale du canal anal" et une "section du muscle sphinctérien", et lui a prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT), selon la source proche de l'enquête.

Les quatre fonctionnaires, en garde à vue depuis jeudi soir dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), seront présentés au juge "dans la journée", a indiqué le parquet, qui a requis leur placement sous contrôle judiciaire et la remise en liberté des quatre fonctionnaires de police.

Légers heurts samedi soir

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a souhaité samedi dans un communiqué "que toute la lumière soit faite sur les accusations d'une extrême gravité portées à l'encontre de ces fonctionnaires", prévenant que des "sanctions" seraient prises "s'il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n'ont pas été scrupuleusement respectées".

Samedi soir, vers 21h de brefs incidents ont éclaté dans la Cité des 3 000 où une voiture a été brûlée et une tentative d'incendie constatée sur un bus. Des abribus ont également été cassés, et le quartier plongé dans l'obscurité après le sabotage de l'éclairage public, selon une journaliste de l'AFP. Une compagnie de CRS a été appelée en renfort dans le quartier, rapporte une source policière.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.