Les violences policières sont de plus en plus dénoncées dans les quartiers populaires, y compris devant la justice. Mais les contre-plaintes de la police sont quasi systématiques.

Manifestaion dans le centre ville de Nantes contre les violences policières
Manifestaion dans le centre ville de Nantes contre les violences policières © Maxppp / Franck Dubray

Au surlendemain des conclusions de l'IGPN, la police des polices, qui contestent le viol volontaire de la part des forces de l'ordre, un rassemblement est organisé samedi après-midi à 16h devant le tribunal de Bobigny. Une initiative citoyenne, appuyée par plusieurs familles de victimes de violences policières, pour dénoncer une éventuelle requalification des faits par la justice dans cette affaire, mais aussi un système judiciaire trop souvent "deux poids deux mesures". Quant à la confiance en l'institution judiciaire, elle est de plus en plus abîmée.

Les organisateurs du rassemblement le répètent : ils ne veulent pas faire pression sur les juges, simplement mettre en évidence les biais insupportables, à l’œuvre selon eux dans le processus judiciaire. Car devant le tribunal de Bobigny, expliquent les associations, près de 100% des plaintes pour violences policières s'accompagnent de contre-plainte venant de la police pour outrage et rébellion. Résultat : des classements sans suite le plus souvent, voire des contre-condamnations.

"Les victimes finissent coupables", explique Baki Youssoufou, qui milite contre les contrôles d'identité abusifs. "La justice développe le sentiment d'impunité de la police. Ce n'est plus acceptable. C'est l'image qu'un certain nombre de jeunes ont de la République !"

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Une difficulté de l'institution à poser un regard extérieur

Un malaise flagrant dont l'institution judiciaire doit se saisir d'urgence, acquiesce Laurence Blisson, du Syndicat de la Magistrature. Elle confirme le dépôt quasi-systématique de plaintes de la part de la police, et leur traitement souvent plus rapide.

Juridiquement, la parole d'un policier ne vaut pas plus que la parole d'une personne qui dénonce des faits de violences. Mais de fait, parce que le travail policier est le socle du travail judiciaire, il y a une véritable difficulté de l'institution à poser un regard extérieur.

D'où la nécessité d'ouvrir très vite un débat, soutient le syndicat. Et notamment de se poser la question d'un traitement simultané des différentes plaintes dans ce type d'affaires.

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