Entendu ce vendredi par l'IGPN, Mohamed K. dit avoir été passé à tabac par la police à Aulnay-sous-Bois, une semaine tout juste avant l'interpellation violente de Théo.

En attendant les conclusions de l'enquête, des échauffourées ont toujours lieu entre quelques centaines de jeunes manifestants et la police, comme à Bobigny hier soir.
En attendant les conclusions de l'enquête, des échauffourées ont toujours lieu entre quelques centaines de jeunes manifestants et la police, comme à Bobigny hier soir. © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Théo a pu rentrer chez lui. Le jeune homme de 22 ans interpellé de façon très brutale à Aulnay-sous-Bois, le 2 février dernier, et victime d'un viol présumé, a quitté l'hôpital jeudi soir, tandis que quelque 200 jeunes manifestants se sont opposés à la police dans la nuit à Bobigny. L’enquête sur la deuxième plainte pour violences policières déposée par un ami de Théo pourrait s’accélérer avec l’audition, ce vendredi, de Mohamed K. par la police des polices.

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Devant la police des polices, Mohamed doit préciser dans quelles conditions il aurait été passé à tabac dans un hall d'immeuble, une semaine avant l’interpellation de Théo, le 26 janvier dernier.

Selon son témoignage, rapporté cette semaine par nos confrères de l'Obs, il a indiqué avoir été contrôlé par des policiers qui se seraient acharnés sur lui. D'abord abordé pour un simple contrôle d’identité et une fouille pour chercher de la drogue, Mohamed se serait retrouvé coincé pendant plus d’une demi-heure dans un hall d’immeuble. Les policiers lui auraient alors administré une série de coups, alors qu’il était maîtrisé.

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Plainte des policiers

Deux des policiers présents, dont celui qui est aujourd’hui mis en examen pour viol présumé sur Théo, avaient porté plainte contre Mohamed pour "outrage", "rébellion", "coup et blessure". Mais le troisième gardien de la paix, surnommé Barberousse, s’était, lui, abstenu.

C'est cette abstention qui a semé le doute au sein de l'IGPN sur la présence, ou non, de ce policier bien connu à Aulnay pour ses méthodes, redoutées par certains jeunes. Les enquêteurs ont mis 48 heures pour être sûrs qu’il était bien sur place ce jour-là, comme lors de l’interpellation de Théo qui a dégénéré.

Les trois agents, actuellement suspendus, devraient être entendus probablement en fin de semaine prochaine, après l’audition, ce vendredi, de la victime présumée.

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