L'Humanité a pointé lundi le commissaire d'Aulnay-sous-Bois pour une affaire jugée en 2008. Un "procédé", dans le contexte de l'affaire Théo, qui choque un syndicat policier.

Depuis l'interpellation du jeune Théo, violemment blessé, flambée de violence à Aulnay-sous-Bois contre les violences policières
Depuis l'interpellation du jeune Théo, violemment blessé, flambée de violence à Aulnay-sous-Bois contre les violences policières © AFP / Julien Mattia / NurPhoto

L'affaire du viol présumé de Théo, jeune homme de 22 ans victime d'une interpellation violente à Aulnay-sous-Bois par la police, pourrait ne pas être une première.

Selon les informations du journal l'Humanité, le commissaire d'Aulnay-sous-Bois a été condamné en 2008 pour ne pas avoir empêché des violences policières. Des accusations qui font bondir le principal syndicat de commissaire, avec lequel Emmanuel Leclère, reporter au service police-enquête pour France Inter, a pu s'entretenir.

Un enjoliveur dans les fesses

L'affaire, surnommée "l'affaire de l'enjoliveur", date de 2004. A l'époque, les policiers engagent une course-poursuite pour stopper un homme surpris un peu plus tôt alors qu'il conduisait tout en tabassant sa passagère. Après avoir heurté un muret, le chauffard tente de redémarrer et renverse des policiers avant d'être finalement arrêté. Plusieurs agents le passe à tabac. Pantalon et slip baissé, l'un deux va même jusqu'à lui glisser un enjoliveur entre les fesses. Les images de l'interpellation ont étrangement disparu.

Le commissaire qui dirige l'opération sera condamné en 2008 à un an de prison avec sursis et un an d'interdiction professionnelle pour abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit. Commissaire qui dirige aujourd'hui les agents poursuivis pour violences policières dans l'affaire Théo.

"Un procédé dégueulasse"

Ce parallèle dressé par l'Humanité est rejeté par Céline Berthon, secrétaire général du syndicat national des commissaires de police : "Parfois on doit rendre compte de faits ou d'événements pour lesquels nous ne sommes malheureusement pas là mais parce que nous sommes les chefs, nous sommes responsables."

La secrétaire générale du syndicat se montre de plus furieuse de voir circuler l'identité de son collègue dans une telle situation. Avec des propos à peine voilés, elle menace de poursuite pénale : "Nous mettons en garde ceux qui se livrent à ce type de procédés aujourd'hui sur le fait qu'ils sont dans une mise en danger de la vie d'autrui".

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