Une trentaine de députés de la commission des Lois se sont rendus lundi dans 26 établissements pénitentiaires pour découvrir, pour certains, les conditions d'incarcération et les conditions de travail du personnel pénitentiaire. Des visites essentielles pour mieux comprendre les problématiques judiciaires.

Le centre de détention de Fresnes en région parisienne
Le centre de détention de Fresnes en région parisienne © AFP / PATRICK KOVARIK

La présidente de la commission des Lois, la député LREM des Yvelines Yaël Braun-Pivet a organisé lundi une série de visites surprises en prison. De Bois d'Arcy où elle s'est elle même rendue aux Beaumettes, à Marseille, 30 députés membres de la commission se sont rendus dans 26 établissements pénitentiaires de tous types : maison d'arrêt, centre de détention, maison centrale pour les longues peines...

Se faire une idée concrète de la prison en France

Cela fait partie des prérogatives des parlementaires : ils peuvent se rendre quant ils le souhaitent dans tous les établissement pénitentiaires. L'idée, c'est que ces députés, qui vont être amenés à travailler sur les questions de justice, se fassent une idée concrète de la prison en France, avec une priorité qui n'a rien de nouveau : lutter contre la surpopulation carcérale.

Mardi 31 octobre à Strasbourg, Emmanuel Macron a notamment annoncé qu'il avait le "projet de créer une agence" chargée de développer et "d'encadrer les travaux d'intérêt général".  "La France ne peut être fière des conditions dont certains sont détenus sur son territoire, avec un taux d'occupation d'en moyenne 139% et 1 300 matelas au sol", "une statistique insupportable", a rappelé le président de la République.

L'un des cinq chantiers de la justice lancés par la Garde des Sceaux porte sur "le sens et l'efficacité de la peine". C'est sur ce sujet que les députés ont l'intention de plancher, en commençant donc par une plongée dans le réel.

Car si Naïma Moutchou, députée LREM du Val d'Oise, avocate de formation, connait bien le sujet de la promiscuité en prison, de la vétusté, des difficultés du personnel pénitentiaire, ce n'est pas le cas de tous ses collègues. La députée a visité la maison d'arrêt d'Osny avec un élu pour qui c'était une première. Des visites qu'elle estime "indispensables".

"Tant qu'on ne l'a pas vu, on ne peut pas s'imaginer ce que c'est. On a visité des douches, on a visité les cellules et tout cela est dans un état de délabrement malheureusement assez avancé. Beaucoup de bruit de portes qui claquent, de cris également, puis il y a le personnel pénitentiaire qui a envie de parler, de s'exprimer."

Le constat n'est pas nouveau, mais la surpopulation carcérale continue de grimper. 15 000 nouvelles places de prison sont déjà prévues, lancée par le gouvernement précédent, pour tenter d’y remédier. 

Alors quoi de neuf cette fois ? Une approche plus pragmatique, promet Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois. 

"C'est le moment idéal pour pouvoir réfléchir vraiment sur le sens de cette détention. Il ne s'agit pas juste de parler du bien-être des détenus, mais aussi des conditions de travail des surveillants, qui sont particulièrement dégradées. Mais c'est aussi la réinsertion et donc la récidive qui est en jeu. C'est un enjeu majeur pour toute la population."

Après la séquence « immersion », les députés de la commission des lois se retrouveront ce mercredi à l’Assemblée pour échanger leurs impressions.

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