Le procès du vol de 52kg de cocaïne au siège de la police judiciaire parisienne, au 36, quai des Orfèvres, s'ouvre ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Les 52kg de cocaïne subtilisés n'ont jamais été retrouvés
Les 52kg de cocaïne subtilisés n'ont jamais été retrouvés © AFP / THOMAS SAMSON

Dix prévenus, dont le policier Jonathan Guyot, son épouse et son frère, également policier, sont jugés à compter de ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris pour le vol de deux millions d'euros de cocaïne dans les locaux de la police judiciaire, au 36, quai des Orfèvres.

48kg de cocaïne (52kg avec le poids de l'emballage), saisis trois semaines plus tôt dans une enquête visant à démanteler un trafic, avaient été subtilisés fin juillet 2014 dans un local ultra sécurisé du 36. Ils n'ont jamais été retrouvés.

Sur les caméras de vidéosurveillance, un policier : Jonathan Guyot, formellement identifié par sa hiérarchie. Le même policier reconnu par deux "plantons" du 36, alors qu'il avait pénétré dans les locaux de la police avec des sacs vides et en était ressorti avec les mêmes sacs, pleins cette fois-ci. Et dans une note sur son téléphone portable, le code du coffre dans lequel se trouvait la clé du local à scellés.

► ECOUTER | Au micro d'Emmanuel Leclère, Claude Cancès, ancien patron du 36, explique n'avoir jamais vu un tel "braquo" au sein même du 36, quai des Orfèvres.

Pourtant, le brigadier incriminé "chique" toujours : depuis le début de l'enquête, il n'a cessé de nier les faits. Face aux éléments à charge accumulés pendant l'enquête, le policier, en poste à la brigade des stupéfiants depuis 2010, n'a eu de cesse de se constituer des alibis, de dénoncer un piège initié par ses collègues des "stups" et de livrer des explications "totalement extravagantes" au yeux du juge d'instruction.

Le frère de Guyot a reconnu son implication

L'enquête a mis en évidence de nombreux contacts entre Guyot et l'un de ses informateurs, avant et après la visite du policier au "36" dans la nuit du 24 au 25 juillet. Surnommé "Robert", Farid Kharraki compte parmi les prévenus : il est soupçonné d'avoir écoulé la cocaïne, mais a nié catégoriquement son implication dans ce détournement.

Lors du récent procès du trafic qui a donné lieu à la saisie de cocaïne - où les principaux prévenus ont été condamnés à des peines allant de 7 à 13 ans de prison -, les avocats de la défense avaient demandé, en vain, que la justice cherche à déterminer si la cocaïne n'avait pas été fournie en amont par Farid Kharraki.

Un proche de Kharraki accusé d'avoir pris part à l'écoulement de la cocaïne, Moussa Bouzembrak, est en fuite et sous le coup d'un mandat d'arrêt. Il sera lui aussi jugé par le tribunal. Jonathan Guyot, lui, est soupçonné d'avoir déposé chez deux amis d'enfance, dont l'un est également fonctionnaire de police, 400.000 euros au total.

Le frère de Jonathan Guyot, également policier, a reconnu pour sa part s'être débarrassé de 150.000 euros dans le lac de Créteil et avoir remis 50.000 euros, qui ont un temps séjourné dans un buisson sur la rive, à un homme missionné par Christophe Rocancourt, "l'escroc des stars". Christophe Rocancourt avait lui-même été mandaté par Jonathan Guyot, son voisin de cellule à l'époque, pour récupérer l'argent.

Le brigadier, soupçonné de ne pas en être à son premier coup, est aussi renvoyé pour avoir dérobé du cannabis lors de perquisitions ou dans des scellés à partir de décembre 2013.

Le procès doit se tenir jusqu'au 17 mars.

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