Youssouf Fofana est de retour devant la justice après sa condamnation à perpétuité dans l'affaire Ilan Halimi. Aujourd'hui, il est jugé pour des menaces de mort.

Youssouf Fofana lors du procès de l'affaire Ilan Halimi en 2009
Youssouf Fofana lors du procès de l'affaire Ilan Halimi en 2009 © Sipa / NIKO/HADJ

Le chef du gang des barbares, Youssouf Fofana, comparaît aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de tentatives d'extorsion de fonds et menaces de mort. Une affaire antérieure à celle du meurtre d'Ilan Halimi, survenue en 2006, et pour laquelle il a été condamné à la réclusion à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans.

Grenade et lance-roquette

En avril 2002, le gérant d'une marque de vêtements de sport découvre sur son paillasson des allumettes consumées. Dans l'air, flotte une forte odeur d'essence et dans sa boîte aux lettres, il trouve la photo d'un homme en djellaba, grenade et lance-roquette à la main accompagnée de menaces de mort s'il ne paie pas 125 000 euros au titre de l'impôt palestinien. Un rendez-vous est même prévu sur un quai de la station RER de Châtelet-Les Halles, à Paris. Cette menace est la première d'une longue série.

Après le Front de libération de la Palestine, les maîtres chanteurs prennent le pseudo du collectif de rappeurs, Mafia K1 Fry. Puis ce sera Armata Corsa, pour menacer par exemple Rony Brauman, fondateur de Médecins sans frontières (MSF), qui retrouve en 2004 deux engins explosifs dans sa cour et l'impact d'une balle sur son portail.

Une quarantaine de victimes

Les victimes sont toutes présumées riches : avocat, hauts fonctionnaires, cadres de Reebok, But, Conforama, Rolex, Lagardère, Philips ... Cela représente une quarantaine de personnes au total, entre 2002 et 2004. À l'époque, aucune n'avait cédé au chantage.

Mais cette affaire prend une autre dimension quand on sait qu'elle porte les germes de l'affaire Ilan Halimi. C'est parce qu'il était juif et donc présumé riche par le gang des barbares qu'Ilan Halimi a été ciblé. La cabine téléphonique et le cybercafé utilisés pour envoyer les menaces de mort sont par ailleurs les mêmes que ceux qui serviront, deux ans plus tard, à contacter la famille du jeune homme séquestré, torturé et tué, par Youssouf Fofana et son gang des barbares.

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