Zyed et Bouna sont morts en fuyant un contrôle de police
Zyed et Bouna sont morts en fuyant un contrôle de police ©

Les deux policiers mis en cause après la mort des adolescents à Clichy-sous-Bois ont été renvoyés devant un tribunal correctionnel, pour non-assistance à personnes en danger. En 2011, ils avaient bénéficié d'un non-lieu, annulé par la Cour de cassation.

Zyed Benna et Bouna Traoré avaient péri électrocutés et leur camarade Muhittin Altun avait été gravement blessé, le 27 octobre 2005, dans un transformateur où ils avaient trouvé refuge après avoir été poursuivis par la police. Cette dernière avait été dans un premier temps blanchie dans des déclarations publiques de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.

À la Cour d'appel de Rennes, l'annonce a été accueillie par des cris de joie du côté des proches.

Me Jean-Pierre Mignard, l'avocat des parties civiles a toujours plaidé pour la tenue d'un procès (au micro de Corinne Audouin).

Accueil très différent du côté de la police. Me Merchat est l'avocat des deux policiers.

Trois semaines d'émeutes avaient suivi la mort des deux adolescents dans les banlieues françaises, avec un bilan de 300 bâtiments et 10.000 véhicules incendiés, 130 policiers et émeutiers blessés, un événement sans précédent dans l'histoire moderne du pays.

En fuite mais poursuivis à tort

Il est apparu ensuite dans des rapports d'inspection que les jeunes gens n'avaient commis aucun délit et étaient bien poursuivis par la police, qui voyait à tort en eux les auteurs d'une intrusion sur un chantier voisin.

Les violences avaient amené le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, à instaurer l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie.

Les gardiens de la paix mis en examen pour l'affaire de Clichy, une policière stagiaire qui était ce soir-là au standard téléphonique et un policier qui était sur place, se voient reprocher de n'avoir pas tenté de porter assistance aux adolescents en faisant couper le courant dans le transformateur.

Les enregistrements des conversations de policiers, saisis pendant l'enquête, font apparaître une phrase prononcée à la radio par un troisième homme : "En même temps, s'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau".

Les policiers ont expliqué depuis le début avoir cru que les jeunes gens avaient quitté le transformateur.

L'avocat des deux policiers et le parquet général, qui avait requis un non-lieu, ont un délai de cinq jours pour un éventuel pourvoi en cassation.

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