C’est sous la bannière d’"Une Nation engagée, unie et solidaire" que se déroulera ce 14 juillet inédit en raison de l’épidémie de coronavirus, avec un hommage appuyé à ceux qui ont lutté contre le virus. Parmi eux, une convoyeuse de l’air, Marion, 33 ans, adjudante. Elle est infirmière spécialisée en aéronautique.

L'adjudante Marion et le capitaine François
L'adjudante Marion et le capitaine François © Radio France / Nathalie Hernandez

Marion* fait partie de l’unique escadrille aérosanitaire des armées chargée de transporter des blessés et des malades. Lors de la cérémonie du 14 juillet à Paris, elle sera la seule représentante de cette unité basée à Villacoublay en région parisienne, l’EAS 6/560. Sa mission habituelle est l’évacuation aérienne médicalisée de soldats malades ou blessés en opérations extérieures. Mais elle intervient aussi pour rapatrier des ressortissants français lors de catastrophes naturelles ou de crises sanitaires type Ebola. Cette unité de 25 militaires (21 femmes et 4 hommes) a été un maillon essentiel lors des évacuations de patients pendant la crise du coronavirus, au cours de l’opération Résilience. 

Soigner les blessés en vol

Marion est une femme de 33 ans qui a le sourire aux lèvres quand elle parle de son métier. Engagée depuis 8 ans dans l’armée de l’air, la jeune adjudante a tout de suite su qu’elle serait convoyeuse** de l’air. Une infirmière du ciel qui doit savoir s'adapter aux patients et aux contraintes aéronautiques. 

"Dans un avion ou un hélicoptère, il faut d’abord savoir comment peut réagir un malade ou un blessé".

L’humidité de l’air est différente, la pressurisation varie et peut avoir des conséquences sur l’état de la personne transportée. On va donc réajuster sa prise en charge pendant tout le vol si nécessaire. Ensuite il faut être en communication constante avec le cockpit pour connaître l’état de la météo, s’il y a des turbulences par exemple.  

L’adjudante  est déjà partie six fois en opération extérieure au Sahel : "Ce sont de belles missions d’un point de vue humain. La plus marquante pour moi elle celle de 2013 avec l’opération Serval au Mali (devenue depuis Barkhane). On a fait plus de 200 heures de vol et rapatrié une centaine de patients sur 3 mois".

L'expérience des épidémies

Avec l'épidémie de coronavirus, l’unité a été très sollicitée explique l’adjudante avec "des mesures particulières de respect sanitaires, de décontamination et de préservation qui ont été mises en place très vite. Les missions se sont déroulées en France avec des équipes civiles, ce que l’on fait rarement et ça a été très enrichissant" ajoute-t-elle.  

Avant l’arrivée du coronavirus précise le capitaine François* commandant en second de l’escadrille, "on s’était déjà préparé à faire face à une crise sanitaire comme celle de 2014 avec le virus Ebola. Juste avant le Covid-19, on était d’ailleurs dans un cycle d’entraînement face au risque biologique. Mais on ne connaissait pas ce virus, on a fait un saut dans l’inconnu et je suis très fier de mes équipes. Personne n’a été contaminé et nous avons pu transférer 62 patients par voie aérienne entre mars et avril dernier sur le territoire métropolitain dans le cadre de l’opération Résilience". 

Actuellement, l'unité est en opération en Outre-Mer, et deux convoyeuses de l’air sont sur le terrain dans le cadre la mission Mérope, pour évacuer des patients atteints du Covid-19 de Guyane vers les Antilles.   

*Les militaires ne donnent pas leur nom de famille

** Dans l'Armée on dit "convoyer" depuis la deuxième guerre mondiale, pour dire "être à bord d'un avion".

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