Malgré l’interdiction de vol qui frappe depuis six mois tous les appareils Boeing 737 Max, plusieurs compagnies aériennes devraient tout de même faire voler à nouveau ces avions, pour les stationner durant tout l’hiver dans le désert californien.

Une des chaines de montage du 737 Max, à l'usine Boeing de Renton, près de Seattle.
Une des chaines de montage du 737 Max, à l'usine Boeing de Renton, près de Seattle. © Radio France / Philippe Lefebvre

Faute de pouvoir faire voler, pour le moment, ses Boeing 737 Max, Air Canada envisage de déplacer tous les avions bloqués depuis six mois maintenant sur les aéroports canadiens. Les cinq premiers pourraient quitter l’aéroport de Trois Rivières, au Québec, dans les prochaines semaines pour rejoindre un aéroport de stockage situé en Californie, dont le nom n’a pas été révélé. Officiellement, la compagnie canadienne, qui ne dément pas l’information, explique qu’il s’agit d’une procédure normale destinée à protéger les appareils, et surtout les moteurs, du froid lorsqu’ils ne peuvent pas fonctionner normalement.

Si le blocage décidé après les accidents des 737 Max de Lion Air et Ethiopian Airlines devait être maintenu, il n’est pas exclu qu’Air Canada déplace les 19 autres avions actuellement stationnés sur les aéroports de Vancouver, Windsor, Winnipeg, Calgary et Montréal. Air Canada n’est d’ailleurs pas la première compagnie à avoir recours à cette transhumance des avions. L’Américaine Southwest a déjà envoyé tous ses 737 Max (34 au total) dans le désert de Mojave en Californie. United Airlines a annoncé mercredi l’envoi de ses 14 appareils 737 Max sur l’aéroport de Phœnix, dans l’Arizona, habituellement dédié à la formation et à la maintenance des appareils de la compagnie américaine.

Près de 400 Boeing 737 Max bloqués dans le monde

La Direction Générale de l’Aviation Civile précise que cela ne peut se faire que ponctuellement, et aux conditions que l’avion ne transporte pas de passager et que la compagnie dispose d’autorisations de la part des autorités aéronautiques des pays survolés. Toutefois, toutes les compagnies ne devraient pas envoyer leurs avions au soleil. Ainsi Westjet, une autre compagnie canadienne, devrait maintenir tous ses appareils dans le pays et entamer, dès les premiers grands froids, une procédure qui consiste à démarrer les moteurs et à faire tourner les ordinateurs de bord au moins une fois par semaine, sans quitter le sol.

Pour le moment, impossible de dire quand les 393 Boeing 737 Max bloqués à travers le monde, après les dramatiques accidents d’octobre 2018 et mars 2019, pourront de nouveau être exploités commercialement. L’autorité fédérale américaine des transports et Boeing affichent un certain optimisme, évoquant des tests positifs des nouveaux logiciels de contrôle de vol sur simulateurs.

Trois milliards de dollars de perte pour Boeing au troisième trimestre 2019

Mais rien ne prouve que l’autorisation puisse être donnée avant la fin de l’année. Un problème crucial pour la firme de Seattle qui reconnaissait, ces dernières semaines, que la fabrication des 737 Max sur le site de Renton pourrait être stoppée temporairement si la précieuse autorisation n’était pas donnée avant la fin de l’année.

Même si, pour le moment, Denis Muilemburg, le PDG de Boeing, fait bonne figure, "l’affaire 737 Max" pourrait avoir des conséquences cataclysmiques pour les finances de l’avionneur, qui a annoncé trois milliards de dollars de pertes au troisième trimestre 2019 et qui a reçu récemment deux grosses annulations de commandes dont celle de 35 avions par le loueur d’avions Russe Rostec. Il réclame de surcroît 190 millions de dollars d’indemnités à Boeing, qui traverse la crise la plus grave de son histoire.

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