Les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants militent pour l'attribution de ce classement aux véhicules diesel. Ce matin, les représentants syndicaux et les responsables de l’usine Bosch de Rodez vont le rappeler à Bercy, sans quoi c'est la mort de leur site et de la filière disent-ils.

La vignette Crit'air violette est le niveau 1, le plus respectueux de l'environnement pour les véhicules non électriques.
La vignette Crit'air violette est le niveau 1, le plus respectueux de l'environnement pour les véhicules non électriques. © AFP / GARO / Phanie

Le diesel français est en berne. Les ventes sont en baisse depuis dix ans, et plus encore depuis 2015 avec les révélations sur la tricherie de Volkswagen, le constructeur accusé d'avoir truqué ses moteurs diesel pour les tests anti-pollution. Il y a trois ans, le diesel représentait 55% des immatriculations de voitures neuves. C'est à peine un peu plus d'un tiers aujourd'hui

Le classement Crit'Air mis en cause dans la chute des ventes de diesel

Alors oui, il y a eu ce scandale Volkswagen, la prise de conscience écologique dénonçant la pollution des véhicules diesel et de leurs émissions de CO2, mais aussi pour Yannick Anglarès, la mise en place du classement Crit'Air : "Le fait que les professionnels aient des craintes sur l'utilisation des voitures diesel dans les grandes villes, avec le problème de cette vignette, ne fait qu'aggraver la situation", estime le délégué de la CGT chez Bosch Rodez, entreprise de fabrication de bougies et d'injecteurs pour moteurs diesel dans l'Aveyron.

Car c'est sur la base de ce classement que la Ville de Paris - pour ne citer qu'elle - a décidé de bannir tous les véhicules diesel des rues de la capitale d'ici 2024. Et cela n'est pas très engageant pour les automobilistes qui veulent racheter une voiture.

Jusqu'à "15 000 emplois menacés à court terme"

Cette baisse des ventes, elle a pour conséquence de mettre plusieurs entreprises en difficulté. La Fonderie du Poitou (400 emplois) a été placée en redressement judiciaire au printemps. Le groupe japonais Ibiden a décidé de fermer son usine de production de filtres à particules dans le Loiret.

Selon l'Observatoire de la métallurgie, 10 000 à 15 000 postes sont menacés dans le secteur à court terme, sur les 38 000 que compte la filière. Et Yannick Anglarès craint pour les 1 500 salariés de l'usine Bosch à Rodez : "si on n'a pas le classement Crit'Air 1, plus aucun composant diesel ne sera fabriqué en France. Les équipementiers se désengageront face à l'écroulement du marché".

Une étude scientifique bientôt lancée

Pour appuyer leur demande de classement Crit'Air 1, les syndicats de Bosch réclament au gouvernement une étude scientifique. Elle permettrait de comparer les émissions des moteurs essence ou hybrides et celles des moteurs diesel nouvelle génération. "Pas plus polluants" assurent-ils. Annoncée en mars dernier, cette étude n'a toujours pas été lancée. "Le cahier des charges est en cours de finalisation" précise Matignon.

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