Deux ans après la chute de Baghouz, en Syrie, dernier réduit de l'État islamique, le groupe djihadiste, loin d'avoir disparu, multiplie les attaques et semble renaître de ses cendres.

Civils de l'Etat islamique évacués de Baghouz, en Syrie, en mars 2019
Civils de l'Etat islamique évacués de Baghouz, en Syrie, en mars 2019 © AFP / BULENT KILIC / AFP

Le 23 mars 2019, après la chute de Mossoul et de Raqqa, les deux "capitales" de l'État Islamique (E.I.) en Irak et en Syrie, la reddition du dernier carré de djihadistes retranchés à Baghouz en Syrie était censé marquer un coup fatal pour l'État Islamique. 

Or, deux ans plus tard, dans un contexte marqué par le désengagement des troupes américaines et la pandémie qui mobilise l'attention de la communauté internationale, le groupe djihadiste semble au contraire en pleine résurgence. 

Au faîte de sa puissance, le califat de l'État islamique s'étendait sur un territoire grand environ comme la Grande-Bretagne, à cheval entre la Syrie et l'Irak. Un "proto-État" totalitaire, dirigé par Abou Bakr el Baghdadi, calife autoproclamé. 

À l'époque, ses troupes de combattants sont estimées à plus de 50 000 hommes en 2018, et des millions de personnes vivent sous la férule des djihadistes qui administrent des villes et des régions entières. 

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Résurgences

Depuis, le territoire de l'État Islamique a de fait implosé. Mais des résurgences apparaissent désormais dans de multiples poches en Irak ou à l'est de la Syrie, notamment à proximité de Deir Ezzor, à la frontière avec l'Irak. 

Les attaques n'ont jamais vraiment cessé. Chaque jour, plusieurs sont revendiquées au nom de l'E.I. à travers le monde, mais aussi en Syrie où l'E.I. continue de lancer des attaques meurtrières notamment dans le vaste désert de la Badiya qui s'étend de la province centrale de Homs jusqu'à celle de Deir Ezzor. 

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Moins centrées sur des cibles occidentales que par le passé, ces attaques restent dans l'ombre des médias, mais sont pourtant de plus en plus violentes, comme en témoigne, en janvier dernier, l'attaque suicide sur un marché de Bagdad, en Irak, qui a fait plus de trente morts.  

Le groupe a également étendu son influence bien au-delà du Proche-Orient, en s'implantant au Sahel où il concurrence Al Qaïda, et s'enracine sur le pourtour du lac Tchad où il prend le contrôle de nouveaux territoires, et s'étend vers le sud, comme au Mozambique.  

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Radicalisation dans les camps

De fait, rares sont ceux qui ont cru à la fin de l'État Islamique. Experts, diplomates, militaires ont tous appelé à la prudence. Personne n'a oublié que c'est dans la clandestinité des camps prisons américains, notamment celui de Bucca, qu'est né l'E.I au sortir de la guerre d'Irak. La concentration de prisonniers issus de l'état-major d'Al Qaïda au milieu de populations sunnites nourries par le ressentiment et l'humiliation a été la matrice d'une véritable usine à djihadiste dans laquelle le projet de l'État islamique a été construit.

L'histoire semble se répéter : c'est aujourd'hui dans le sinistre camp d'Al Hol, en Syrie, que se fixent les inquiétudes. Le degré de radicalisation parmi les réfugiés de Baghouz y est terrifiant, comme le souligne un rapport des Nations-Unies.  

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Évasions, attaques, meurtres. Des ONG, comme MSF, s'en retirent après la mort récente de plusieurs de leurs employés.

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Un bouillon de culture où plus de 60 000 personnes se concentrent dans des conditions très dures. La moitié sont des enfants. Une jeunesse élevée dans la misère, la violence quotidienne, le fanatisme religieux et la haine de l'Occident. 

"Le risque à long terme, c'est l'endoctrinement systémique de cette population"

En effet, pour le général Kenneth McKenzie, chef du Commandement central américain, le risque "générationnel" est une bombe à retardement. "Ne pas régler cela signifie que l'E.I. ne sera jamais réellement battu", estime-t-il. "Ce n'est pas en l'ignorant qu'il va disparaître".

Le statu quo en Syrie
Le statu quo en Syrie © Radio France / Rédaction internationale